© Amandine Billoux

Miss Auvergne : une candidate évincée taxe le comité Miss France de "grossophobie"

"Je sais pertinemment que j'ai été évincée parce que je fais une taille 42."

"Toutes les femmes sont belles, la beauté n’est pas un chiffre", écrivait Amandine Billoux sur son compte Instagram la semaine dernière. Des propos bien ciblés puisque la jeune femme a vécu récemment une expérience qui pourrait laisser penser le contraire.

La jeune femme de 24 ans, qui a été élue première dauphine de Miss Volcans d’Auvergne, mesure 1,79 mètre et a une taille 42. Le 28 septembre dernier, Amandine s’est rendue à une journée de sélection à Montluçon en vue de l’élection régionale de Miss Auvergne. Cette étape peut présenter un nombre maximum de vingt candidates. Or, elles n’étaient que quatorze aux présélections, qui n’auraient donc dû être qu’une formalité pour la Cantalienne.

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Une jeune femme a été écartée dès le début, car elle ne respectait pas le critère qui veut que les candidates mesurent plus d’1,70 mètre, selon Amandine, qui précise : "C’est inscrit sur les contrats que l’on a signés donc c’est rédhibitoire. Malheureusement, c’est comme ça. C’est discriminatoire, déjà je trouve, mais au moins, c’est dit."

Amandine, quant à elle, a passé le reste de la journée de sélection comme les douze autres jeunes femmes, passant notamment le test de culture générale. Pendant cette journée, "on nous toise, on nous mesure", regrette Amandine, avant de poursuivre : "Moi, je répondais à tous les critères, j’avais été désignée, je mesurais la taille requise. Ils n’avaient aucun motif pour me dégager. Donc j’ai passé la journée de préparation comme tout le monde."

"On m’a dit clairement que j’étais trop ronde"

Mais quelques jours plus tard, elle a reçu un mail lui expliquant qu’elle n’était pas retenue, "sans aucune explication". "J’étais choquée", nous confie-t-elle. Elle assure que par téléphone, on lui a donné le "réel" motif de son éviction : "On m’a dit clairement que j’étais trop ronde et que les tailles standards de Miss France, c’était du 34/36, voire 38, et encore, 38, c’est presque limite. Et qu’ils n’allaient pas confectionner des robes spécialement pour moi."

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Et la jeune femme d’ajouter :

"Je me suis pris une de ces claques. Je suis carrément dans la norme française donc je peux complètement représenter la femme française.

Dans les élections locales et départementales, on fait ce qu’on veut, mais dès qu’on passe au régional, ça devient plus complexe."

De son côté, le comité Miss France, par le biais du délégué Centre-Val-de-Loire-Auvergne, Jean-Jacques Sabourin dans le quotidien La Montagne, s’est refusé à commenter, expliquant simplement : "Nous n’avons pas à donner de raisons sur les choix du jury de ne pas retenir telle ou telle candidate : il fallait faire un choix : le jury, composé de sept personnes, l’a fait." 

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Des explications qui ne semblent pas convaincre Amandine, qui martèle : "On m’a dit que clairement qu’à côté des filles, ça ne passerait pas. Clairement, je sais pertinemment que j’ai été évincée parce que je fais une taille 42. On me l’a dit par téléphone, mais ils ne sont pas honnêtes et refusent de l’avouer."

"C’est discriminatoire et il faut que ça se sache"

"Je pense que je ne suis pas la seule à qui c’est arrivé, mais je suis la seule à ouvrir la bouche", poursuit-elle, avant d’enchaîner :

"Je pense que Vaimalama Chaves [Miss France 2019, ndlr] a beaucoup de convictions et elle a tenté de casser les codes. Et je pensais que cet élan amené par son élection allait continuer et que les mentalités allaient changer petit à petit.

J’ai donc eu le culot de me présenter à l’élection avec ma taille 42. On n’est pas dans un concours de mannequin Chanel ou Dior où il faut être plate et très maigre. Pour représenter la femme française, il faut de toutes les morphologies et de toutes les tailles afin de pouvoir juger équitablement."

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L’objectif d’Amandine est désormais de "dénoncer cette grossophobie dont personne ne parle". "J’ai raconté mon histoire mais je suis certaine que je ne suis pas la seule dans ce cas-là. C’est discriminatoire et il faut que ça se sache. Je parle pour toutes les jeunes femmes", ajoute-t-elle, craignant que d’autres femmes se retrouvent dans son cas :

"Moi j’ai 24 ans et la tête sur les épaules donc j’ai de la chance. Ça aurait été une fille plus jeune et plus fragile psychologiquement, imaginez si on lui dit qu’elle est trop grosse pour participer à un concours Miss France, jusqu’où ça peut l’amener et les conséquences tragiques que ça pourrait avoir."

Elle souhaite désormais des excuses de la part de la société Miss France et conclut par ces mots déterminés : "Faut que ça change, il y en a marre."

Par Astrid Van Laer, publié le 09/10/2019

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