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Mis à pied pour avoir mangé une clémentine à son poste, le salarié débouté par la justice

De quoi y réfléchir à deux fois avant de manger un fruit hors de son temps de pause sur son lieu de travail...

La contestation d'un salarié mis à pied par son employeur (pour avoir mangé une clémentine sur son lieu de travail) a été déboutée par la justice jeudi 14 novembre.

"Reflet d'un contrôle poussé à l'extrême" ou "sanction graduée" ? Le salarié, représentant syndical CGT de l'entreprise de vente à distance La Redoute, avait contesté sa mise à pied début septembre aux prud'hommes de Roubaix (Nord).

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Le 7 novembre 2017, ce préparateur de commandes, entré à La Redoute en 2004, s'est levé à 4 h 30 pour prendre son poste au site de logistique de Wattrelos à 6 h et a mangé une clémentine peu avant  9 h.

Il était à son poste de "picking", où les salariés alignés sur une chaîne de production prennent dans des bacs les marchandises importées et les scannent pour les envoyer aux clients (à raison de 600 gestes à l'heure selon la CGT), lorsqu'une "micro-panne" aurait arrêté la chaîne.

Selon son avocate, il s'est alors reculé pour s'asseoir sur un banc et manger son fruit, en dehors du temps de pause prévue de 10 h à 10 h 20, puis "faute de poubelle", a pris "diligemment" les épluchures avec lui et les a posées sur son poste.

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Après que l'agente de maîtrise les a repérées, l'employé a été mis à pied une journée, perdant 70 euros brut de salaire.

"Était-ce proportionné aux faits reprochés ? Non", a avancé lors de l'audience son avocate Me Aurélie Bertin, pour qui cette affaire "symbolise" la "déshumanisation" des conditions de travail du nouvel entrepôt de logistique Quai 30, depuis la restructuration de l'entreprise et les 1 200 licenciements en 2014.

La direction avait affirmé que le salarié avait mangé à son poste, enfreignant le règlement intérieur, et faisant courir le risque, à cause des épluchures et du jus, d'une "détérioration potentielle de la chaîne". "Ce n'est pas anecdotique", avait souligné l'avocate de l'entreprise Me Noémie Dupuis, pour qui la sanction était "graduée".

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Elle avait également rappelé que le salarié "s'est permis de quitter son poste le 17 septembre 2017 pour aller chercher des sucreries en salle de pause" pendant ses heures de travail et "fait preuve d'intempérance" envers sa supérieure.

Mi-juin, ce même conseil des prud'hommes avait condamné La Redoute pour avoir retenu sur les salaires le temps de déplacement jusqu'au lieu de pause, distant de 4 à 5 minutes des espaces de production.

Konbini News avec AFP

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Par Lila Blumberg, publié le 15/11/2019

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