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Méthode de l'étranglement, racisme, affaire Gabriel : ce qu'a annoncé Christophe Castaner

Publié le

par Astrid Van Laer

© Ludovic Marin / AFP

Entre autres : une suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" de racisme chez les forces de l'ordre.

La méthode d’interpellation policière controversée de la "prise par le cou, dite de l’étranglement, sera abandonnée", a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. "Elle ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’est une méthode qui comportait des dangers", a ajouté le ministre.

"Par ailleurs, si un policier ou un gendarme doit maintenir quelqu’un au sol lors de son interpellation, il sera désormais interdit de s’appuyer sur sa nuque ou son cou", a ajouté Christophe Castaner. "Le principe que, lorsque vous interpellez une personne au sol, elle doit le rester le moins longtemps, reste en vigueur", a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse au "sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre".

Une mission avait été créée à la suite de la mort de Cédric Chouviat en janvier, lors de son interpellation à Paris. "La police française n’est pas la police américaine", a dit Christophe Castaner, "mais des questions légitimes se posaient".

"Je veux une tolérance zéro contre le racisme"

Il a également prôné une "tolérance zéro" du racisme dans les forces de l’ordre, dont la suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière :

"Je veux une tolérance zéro contre le racisme chez les forces de l’ordre.

Aucun raciste ne peut porter dignement l’uniforme de policier ou de gendarme […]. Aussi, j’ai demandé qu’une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes."

Il a aussi annoncé une réforme "en profondeur des inspections du ministère de l’Intérieur" – l’inspection générale de la police nationale (IGPN), son homologue de la gendarmerie (IGGN) et l’inspection générale de l’administration (IGA) – pour "plus d’indépendance".

Cette réforme "devra permettre plus de cohérence, plus de collégialité entre ses inspections et surtout, plus d’indépendance dans leur action vis-à-vis des services", selon le ministre. "Cette réforme permettra à l’inspection générale de l’administration de piloter les enquêtes administratives les plus difficiles et les plus complexes concernant les forces de police et de gendarmerie", a-t-il ajouté.

"Il n’y a pas beaucoup de professions comme celle de policier, de gendarme qui sont autant contrôlées, autant sanctionnées", a estimé Christophe Castaner.

Affaire Gabriel : "Je suis moi-même troublé"

Enfin, le ministre s’est dit "troublé" par les "témoignages" autour de l’arrestation à Bondy, en Seine-Saint-Denis, le 25 mai, du jeune Gabriel, 14 ans, qui accuse les policiers de l’avoir frappé en le blessant gravement à l’œil.

L’affaire Gabriel "a marqué de nombreux Français", a déclaré Christophe Castaner. "Je suis moi-même troublé par les témoignages que j’entends", a-t-il ajouté. "La lumière sera faite et les déclarations des policiers sont en ce moment confrontées aux expertises médicales."

L’adolescent avait été interpellé par un équipage de quatre policiers, dans la nuit du 25 au 26 mai, alors qu’il tentait de voler un scooter. Selon une source policière, il aurait "fait une chute" et se serait "rebellé" lors de son arrestation. Gabriel assure, quant à lui, avoir reçu trois à quatre coups de pied au visage par un policier, alors qu’il était au sol, maîtrisé et menotté. Il dit aussi avoir reçu un coup à l’arrière du crâne, sans pouvoir identifier précisément l’auteur.

Souffrant notamment d’une fracture maxillaire étendue à l’os de l’œil gauche, l’adolescent s’est vu prescrire 30 jours d’interruption totale de travail (ITT). Deux plaintes visant les policiers ont été déposées, le 27 mai auprès de l’IGPN et le 2 juin auprès du parquet de Bobigny. Dans un courrier dont l’AFP a eu copie, l’avocat du jeune homme, Me Stéphane Gas, a demandé lundi au préfet de police de Paris, Didier Lallement, de procéder à "la suspension administrative immédiate" des fonctionnaires de police mis en cause.

Konbini news avec AFP

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