Maxime Nicolle aka Fly Rider, one of the Yellow Vest (Gilet Jaune) movement initiators, speaks to journalists during an anti-government demonstration called by the Yellow Vest movement, in Bourges, on January 12, 2019. – France braced for a fresh round of « yellow vest » protests on January 12, 2019 across the country with the authorities vowing zero tolerance for violence after weekly scenes of rioting and vandalism in Paris and other cities over the past two months. (Photo by GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Maxime Nicolle menace de quitter la France et pose un ultimatum au gouvernement

Il envisage de demander "l’asile constitutionnel" dans un pays où il ne pourra pas "être extradé".

Maxime Nicolle, le 12 janvier 2019. © GUILLAUME SOUVANT / AFP

"À l’étranger, vous pourrez pas me foutre en prison" : lors de son live diffusé mardi soir, Maxime Nicolle, alias Fly Rider, a proclamé ce qu’il qualifie d'"ultimatum pacifique". La figure emblématique des gilets jaunes donne deux semaines au gouvernement (rien que ça) pour qu’une "avancée concrète pour tous les membres de la population" ait lieu, sinon il quittera le pays.

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Celui qui se dit considéré "officiellement opposant politique radicalisé" a déclaré :

"Si dans les deux semaines qui suivent, il n’y a aucune avancée, aucune avancée concrète financière envers le peuple, pour tous les membres de la population – pas certains petits groupes comme 'on va prendre tel machin', tout le monde : les personnes handicapées, les travailleurs, les SMICards, ceux qui ont des petites et moyennes entreprises, les personnes qui sont dans la merde dans ce pays alors qu’elles essayent de s’en sortir…

Si vous ne faites pas ça, dans deux semaines je pars de ce pays, je ferai une demande d’asile constitutionnel et je me battrai à l’extérieur. Je peux vous dire que j’y passerai ma vie mais je me battrai jusqu’à ce que j’en crève."

Maxime Nicolle n’hésite pas à invoquer la Convention de Genève : "l’asile constitutionnel, c’est pas très compliqué, c’est la convention de Genève." Face caméra, il cite les critères essentiels pour l’obtenir. Critères qu’il est certain de remplir pour que sa demande soit approuvée, à savoir :

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  • "l’existence d’une persécution effectivement subie dans le pays d’origine, et pas seulement d’une crainte de persécution,
  • être démuni de protection de la part de l’État dont le demandeur a la nationalité ou, à défaut de la nationalité établie, du pays de résidence habituelle,
  • un engagement actif en faveur de l’instauration d’un régime démocratique ou pour défendre les valeurs qui s’y attachent, telles que la liberté d’expression et d’opinion, la liberté d’association, la liberté syndicale…,
  • un engagement dicté par des considérations d’intérêt général et non d’ordre personnel".

Un statut rarissime

Toutefois, l’asile constitutionnel, qui existe en France, mais aussi notamment en Allemagne (article 16) et en Italie (article 10), est une catégorie très spécifique du droit d’asile, réservée à ceux qui agissent en faveur de la liberté. Dans l’Hexagone, "il doit être accordé trois fois par an en moyenne, et jamais plus de dix, c’est très rare", nous explique un officier de protection de l’Ofpra, qui ajoute qu’il s’agit d'"une décision très politique".

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En France, le dernier à l’avoir obtenu est Riad al-Turk, un homme de 88 ans, en octobre dernier. Surnommé le "Mandela syrien", cet ancien secrétaire général du parti communiste syrien a passé près de vingt ans derrière les barreaux d’une prison syrienne pour son opposition au gouvernement.

Il lui sera difficile de le demander dans l’Union européenne puisque "le droit de l’Union européenne pose comme principe général que les États membres sont présumés sûrs les uns vis-à-vis des autres en matière d’asile", comme le rappelait en 2011 Martine Denis-Linton, alors présidente de la Cour nationale du droit d’asile.

Malgré cela, dans la suite de la vidéo, Maxime Nicolle n’y va pas de main morte, n’hésitant pas à se comparer à Julian Assange : "je suis pas con, je choisirai un pays où l’extradition est interdite comme ça vous irez pas me foutre en prison", a-t-il déclaré, ajoutant : "s’il faut que j’aille comme le fondateur de Wikileaks au fond d’une cave pendant six ans, j’irai au fond d’une cave pendant six ans, c’est pas un problème".

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En conclusion, Fly Rider a expliqué qu’il voulait que sa vidéo soit traduite dans une quarantaine de pays et qu’il en "appellera aux Nations unies".

Par Astrid Van Laer, publié le 30/01/2019

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