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Mariages, amendes, aides, etc. : les précisions du gouvernement au sujet du couvre-feu

Publié le

par Astrid Van Laer

Jean Castex, Olivier Véran et Bruno Le Maire, le 15 octobre 2020 à Paris. © Ludovic MARIN / AFP

En cas de non-respect du couvre-feu par trois fois, c'est 6 mois de prison et 3 500 euros d'amende.

Au lendemain de la prise de parole du président de la République annonçant la mise en place d’un couvre-feu dans certaines zones du territoire, son Premier ministre Jean Castex et plusieurs membres du gouvernement ont tenu une conférence de presse cet après-midi pour fournir plus de précisions à ce sujet.

Pour rappel, Emmanuel Macron a fait savoir hier que ces restrictions s’appliqueraient à la région Île-de-France et à huit métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Étienne et Toulouse. Il s’établira de 21 heures à 6 heures et débutera à compter de ce samedi "zéro heure", avait-il dit.

Cet après-midi, Jean Castex a rappelé que ce dernier aurait une "durée minimale de quatre semaines", mais pourrait être prolongé à six, après consultation du Parlement.

"L’épidémie connaît un net rebond qui nous permet de considérer que la deuxième vague est arrivée", a-t-il déclaré en préambule, évoquant une "accélération soudaine et spectaculaire" du nombre de nouveaux cas dans les deux dernières semaines, et pointant des "niveaux particulièrement alarmants dans certaines grandes villes".

"À 21 heures, chacun devra être chez soi"

"Nous mettons tout en œuvre pour soutenir [les personnels de santé]", a-t-il assuré, répondant à la demande de création de lits supplémentaires en réanimation, qu’il a balayée d’un revers en affirmant : "il ne suffit pas de s’équiper en matériel et en locaux, il faut aussi former", a-t-il dit. Et d’ajouter : "vous savez bien que c’est impossible en quelques mois, cela nécessite plusieurs années".

"La seule stratégie possible, c’est donc le freinage de l’épidémie", a poursuivi le chef du gouvernement, justifiant ce couvre-feu par le risque par des interactions plus risquées dans la sphère privée, "là où l’on est nombreux, rapprochés pendant une certaine durée, là où on ne porte pas le masque et où l’on perd le réflexe des gestes barrières", selon lui.

Il a en outre demandé le respect de la règle des 6 personnes maximum, en extérieur et à domicile. À 21 heures, "chacun devra être chez soi et sauf exception tous les lieux recevant du public devront être fermés", a rappelé Jean Castex.

Évoquant du "bon sens", il a rappelé que "certaines exceptions" pourraient subsister comme les horaires de travail, un train ou un avion qui part après 21 heures sur présentation dudit billet, une urgence médicale, le fait de se rendre chez un proche nécessitant une assistance, sortir son animal de compagnie près de chez soi. Il faudra, comme lors du confinement, se munir d’une attestation, a-t-il rappelé.

12 000 membres des forces de l’ordre mobilisés

Toutefois, certains établissements, comme ceux de santé et médico-sociaux, les hôtels, les restaurants faisant de la livraison à domicile, les structures d’accueil des plus précaires ou encore les commissariats, échapperont à la règle, a-t-il été précisé.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ensuite pris la parole. 12 000 policiers et gendarmes seront mobilisés chaque nuit pour procéder à des contrôles et veiller à la bonne application de ce couvre-feu, a-t-il annoncé, expliquant ensuite que l’attestation pourra être téléchargée sur le site de son ministère. Il pourra être possible de la télécharger et la conserver dans son téléphone ou de l’écrire sur un papier libre. Des justificatifs professionnels seront demandés.

Gérald Darmanin a rappelé que le non-respect du couvre-feu serait passible d’une amende de 135 euros. En cas de récidive par trois fois, une peine de six mois d’emprisonnement et une amende de 3 500 euros sont prévues.

Mariages et télétravail impactés

Dans les autres territoires, "les préfets continueront à adapter les règles", "mais des mesures générales s’appliqueront partout", a déclaré Castex en reprenant la parole. "Des fêtes privées telles que les mariages" ou les fêtes étudiantes "qui se tiennent dans des salles des fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public" seront interdites, et ce sur tout le territoire.

"Tous les restaurants appliqueront le nouveau protocole sanitaire renforcé", a-t-il ajouté. Concernant les cinémas, cirques, salles de conférences ou encore les théâtres : la règle d’un siège sur deux devra s’appliquer, a précisé le Premier ministre.

Dans les lieux où l’on circule debout comme les musées, salons, foires ou encore zoos : il faudra respecter la règle de 4 mètres carrés par personne.

Élisabeth Borne a ensuite pris la parole, rappelant l’obligation du port du masque dans les espaces clos et partagés. La ministre du Travail a annoncé qu’il était "désormais demandé aux entreprises de définir un nombre de jours minimal de télétravail par semaine pour les postes qui le permettent" et indiqué qu’il serait demandé aux salariés d’étaler leurs horaires d’arrivée et de départ.

"Un impact économique le plus réduit possible"

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a ensuite déclaré : "je mesure parfaitement le désarroi" des professionnels touchés par ce couvre-feu, a-t-il assuré, promettant un renforcement des "dispositifs déjà en vigueur" et "un impact économique le plus réduit possible".

Pour cela, le gouvernement va "simplifier et élargir le fonds de solidarité" pour toutes les entreprises de moins de 50 salariés quel que soit le secteur auquel elles appartiennent durant la durée du couvre-feu et dans les territoires concernés, a-t-il dit.

Pour les secteurs les plus durement touchés tels que l’hôtellerie, la restauration ou la culture, les entreprises perdant 50 % de leur chiffre d’affaires "pourront bénéficier d’une aide allant jusqu’à 1 500 euros" pendant toute la durée du couvre-feu, a-t-il dit. "Les prêts garantis par l’État seront accessibles jusqu’au 30 juin 2021", a également annoncé Bruno Le Maire.

En outre, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron hier, une prime de 150 euros sera versée à chaque bénéficiaire du RSA et des APL, prime à laquelle pourront s’ajouter 100 euros supplémentaires par enfant. Assez peu d’informations concernant le secteur de la Culture néanmoins. Des "discussions" s’ouvriront avec la ministre Roselyne Bachelot "dès demain", a-t-il été annoncé.

Bientôt des tests chez son médecin traitant ?

Enfin, le ministre de la Santé s’est réjoui en déclarant : "nous sommes en train de gagner la bataille des délais d’accès aux tests". Olivier Véran a assuré que 91 % des tests PCR étaient actuellement rendus en moins de 48 heures.

Il a annoncé la commande de 5 millions de tests antigéniques, dont les résultats pourront être consultables en une demi-heure, précisant que cela ne "remplacerait pas" les tests PCR. Grâce à cela, "on peut espérer, on peut même escompter, que d’ici à quelques semaines, une personne qui aurait de la fièvre avec des signes respiratoires puisse être testée directement chez son médecin", a-t-il dit.

Concernant la nouvelle application Tous AntiCovid, il a évoqué un "changement de philosophie", plus qu’un "changement de nom". Quant à la situation dans les hôpitaux et la non-ouverture de nouveaux lits de réanimation, Olivier Véran a, comme Jean Castex en ouverture de la conférence de presse, assuré que cela était dû au temps de formation des personnels nécessaires : "un anesthésiste réanimateur, c’est 11 ans de formation. […] On ne peut donc pas identifier des médecins anesthésistes réanimateurs comme ça".

La hausse des salaires des personnels de santé annoncée après le Ségur de la Santé, prévue pour mars prochain, interviendra quant à elle finalement d’ici au 31 décembre. Les personnels qui ne prendront pas leurs congés annuels “dans les prochaines semaines”, notamment lors des vacances de la Toussaint, auront une “indemnité compensatrice” de 110 à 200 euros brut par jour travaillé.

Enfin, concernant les jeunes, Jean Castex a promis "un fort soutien à l’embauche" avec la mise en place de primes pour les entreprises. Cette crise sanitaire est "un moment appelé à durer encore plusieurs mois", a conclu Jean Castex.

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