© REMY GABALDA / AFP

Manifestation : au moins 1 000 interpellations et 720 gardes à vue

Des interpellations en amont en passant par les véhicules blindés, jusqu'à la garde équestre : comment les forces de l'ordre se sont-elles organisées ? 

© REMY GABALDA / AFP

Un bilan établi à 16h faisait état de plus de 1000 interpellations, pour un total de 31 000 manifestants, a fait savoir une source policière à l'AFP. A minima, 720 individus ont eux été placés en garde à vue à cette heure. Les personnes interpellées étaient pour la plupart en possession d'objets tels que des marteaux, des pavés ou encore des matraques. À titre de comparaison, pour la journée du 1er décembre, 412 interpellations avaient eu lieu, soit presque trois fois moins.

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Ce bilan provisoire ne devrait faire qu'augmenter au regard de la tournure que semblent prendre les événements. Pour se préparer à la mobilisation de cet après-midi, ce sont donc 89 000 membres des forces de l'ordre qui ont été déployés dans l'Hexagone, dont 8 000 mobilisés pour Paris, un chiffre équivalent au nombre de manifestants estimés pour la ville ce samedi.

Une douzaine de véhicules blindés ont également été prévus. Plus étonnant : la présence de membres de l'unité équestre de la garde républicaine, qu'on a pu observer en train charger les manifestants dans les rues de Paris samedi après-midi.

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Un dispositif de sécurité dit "exceptionnel" a donc été mis en place par la préfecture de police pour maîtriser les éventuels débordements dans la capitale. Dans la journée de vendredi, des documents de la Direction de la sécurité et de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) concernant ce dernier avaient fuité sur les réseaux sociaux, permettant d'observer l'ampleur des prévisions. Le nombre de policiers de la DSPAP a d'ailleurs doublé en une semaine.

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Plusieurs interpellations antérieures à la journée de samedi ont quant à elle permis de mettre la main sur divers objets, comme des marteaux ou des boules de pétanque. Dès ce matin, des fouilles systématiques ont aussi été mises en place dans les zones à risques. Les commissariats ont pour leur part été réorganisés pour faire face aux gardes à vues. D'après BFM, ces derniers ont fait en sorte de "pouvoir placer en garde à vue jusqu'à 800 personnes", contre une capacité en temps normal de 150.

La crainte du chaos en plein Paris

Cela n'a toutefois pas empêché l'éclatement, en début d'après-midi, de heurts entre les manifestants et les forces de l'ordre, dans le quartier des Champs-Élysées mais également du côté des Grands Boulevards. Plusieurs vitrines brisées et des barricades enflammées ont été observées.

Tout le monde s'attendait à de nouvelles scènes de guérillas urbaines. Vendredi 7 décembre : le pays et en particulier Paris s'est préparé à l'éventualité d'une journée d'une rare violence. Les magasins se sont barricadés, les musées ont fermé leurs portes, plusieurs lignes de métro ont été temporairement closes. Après une matinée relativement calme, la situation est donc, comme prévu, de plus en plus tendue dans la capitale. 

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Le gouvernement avait déclaré craindre que des gilets jaunes viennent à Paris samedi 8 décembre pour "tuer". Éric Drouet, figure majeure du mouvement des gilets jaunes, avait appelé à rentrer dans l'Élysée, voyant dans la prise du Palais "l'aboutissement final" : "samedi prochain c'est fini", avait-il notamment déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook.

Des mots très forts, couplés aux violences déjà commises samedi dernier, qui ont contribué à cristalliser les peurs. Une crainte reflétée par les sondages : cette semaine, près de six Français sur dix avaient expliqué être inquiet par le mouvement. Le ratio passe à un Français sur deux lorsqu'on les questionne sur la violence de celui-ci. 

Le Premier ministre Édouard Philippe, interrogé sur TF1, avait donc pris la parole jeudi 6 décembre pour déclarer :

"S’il y a une nouvelle journée de mobilisation samedi, elle doit être déclarée et elle doit se dérouler dans le calme. Christophe Castaner mobilisera tous les moyens nécessaires pour faire respecter la loi et l’ordre."

Par Astrid Van Laer, publié le 08/12/2018

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