© HANDOUT / AFP

Manifestant frappé au sol : le policier assure qu’il était blessé avant l'interpellation

Selon l'avocat du policier, son client n'a "pas du tout" perdu ses nerfs

L’interpellation de Clément F. samedi dernier à Paris, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, continue de susciter la controverse. Les images de ce manifestant, âgé d’une vingtaine d’années, violenté et le visage ensanglanté, ont provoqué l’ouverture d’une enquête de l’IGPN pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique".

Pour sa part, Clément F., qui a porté plainte contre trois membres des forces de l’ordre pour violences, sera jugé en février pour "violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique", "rébellion et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations". En attendant son procès, il a été remis en liberté, mais placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à Paris et interdiction de détenir une arme.

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Les versions des deux hommes divergent : selon le policier, Clément F. avait jeté une bouteille en verre sur un fonctionnaire, puis asséné des "coups de poing dans la tête" et des "coups de pied dans le dos" d’un commandant en train d’interpeller un autre manifestant.

Des policiers seraient alors intervenus pour l’interpeller et le mettre à l’écart. L’un de ces fonctionnaires, ayant constaté que Clément F. était blessé au visage, aurait voulu lui porter les premiers soins.

Mais ce dernier aurait refusé son aide et lui aurait craché à plusieurs reprises "au visage et dans la bouche", tout en déclarant avoir le sida. C’est alors que le policier lui aurait, selon sa version, asséné une gifle puis un coup de poing pour le faire cesser.

"Il était déjà blessé avant les images"

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Une version que les avocats du jeune homme réfutent catégoriquement. Ils affirment qu’il a été victime de violences, alors qu’il "ne présentait aucune menace".

Aujourd’hui, c’est au tour de l’avocat du policier, maître Jérôme Andrei, de prendre la parole pour défendre son client. Il a assuré à France Info que son client n’avait "pas du tout" perdu ses nerfs. Il a déclaré : "mon client a interpellé, en le rattrapant dans la foule, ce monsieur qui venait de commettre des violences et qui s’était opposé à son interpellation".

Avant d’ajouter : "C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il a été blessé au cuir chevelu. Il était déjà blessé avant les images que l’on a pu voir. Les 4 jours d’ITT [du manifestant] n’ont rien à voir avec l’action de mon client." Puis de poursuivre :

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"Et en réponse, non seulement il se fait insulter, mais en plus il se prend un premier crachat sanglant qui lui arrive en pleine bouche. Ce monsieur va recommencer son geste en disant 'j’ai le sida, tu vas crever'. C’est à ce moment qu’il y a un coup qui part, une percussion, une gifle…"

Il a également fait savoir à France Info que son client était "un petit peu choqué de voir les proportions" que prenait cette interpellation.

Par Astrid Van Laer, publié le 22/01/2020