© HANDOUT / AFP

Manifestant frappé au sol : il sera jugé en février pour violences sur des policiers

Dans l'attente de son procès, Clément F. a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Paris.

Le manifestant frappé au sol par un policier samedi lors de la manifestation parisienne des gilets jaunes sera jugé en février pour violences sur des policiers. Cette altercation fait l’objet de versions contradictoires qui ont fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur.

Clément F., dont l’interpellation filmée a fait le tour des réseaux sociaux, a été déféré lundi devant un magistrat du parquet de Paris après 48 heures de garde à vue, selon une source judiciaire. Ce dernier lui a notifié une convocation devant le tribunal correctionnel, où il sera jugé pour "violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique", "rébellion et participation à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations".

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Dans l’attente de son procès, qui se tiendra "dans le courant du mois de février", il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Paris et interdiction de détenir une arme, a précisé la source judiciaire.

Clément F., âgé de 20 ans, avait été placé en garde à vue samedi après avoir été violemment interpellé par des policiers devant l’armurerie de la gare de l’Est, dans le 10e arrondissement de la capitale, en marge de la manifestation des gilets jaunes.

Les images de son arrestation ont été largement relayées. Dans une première vidéo, on le voit allongé au sol, le visage ensanglanté, se faire frapper à deux reprises à la tête par un fonctionnaire de police. Dans une seconde, filmée par l’AFPTV, il crie de douleur, menotté, quand le policier lui appuie son genou sur le bras.

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Sur la base de ces images, le parquet a ouvert dimanche une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique", confiée à l’IGPN, la police des polices. De son côté, le préfet de police a lancé une enquête administrative afin "de faire toute la lumière sur cette action", quelques jours après un rappel à l’exemplarité formulé par Christophe Castaner.

Des "images choquantes"

"J’ai vu ces images qui sont des images choquantes pour lesquelles le préfet de police a immédiatement saisi ses services […] pour voir s’ils peuvent trouver une explication", a déclaré le ministre lundi, en marge d’un déplacement à Rennes. "À l’heure qu’il est, je n’en vois aucune", a ajouté M. Castaner. "Il faut que la vérité soit faite sur cet acte et que nous le comprenions. S’il y a une faute, elle sera sanctionnée", a-t-il ajouté.

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Selon le récit d’une source policière, Clément F. a été arrêté après avoir jeté une bouteille en verre sur un fonctionnaire, puis asséné des "coups de poing dans la tête" et des "coups de pied dans le dos" d’un commandant en train d’interpeller un autre manifestant.

Des policiers seraient alors intervenus pour l’interpeller et le mettre à l’écart. L’un de ces fonctionnaires, ayant constaté que Clément F. était blessé au visage, aurait voulu lui porter les premiers soins.

Mais ce dernier aurait refusé son aide et lui aurait craché à plusieurs reprises "au visage et dans la bouche" tout en déclarant avoir le sida. C’est alors que le policier lui aurait, selon sa version, asséné une gifle puis un coup de poing pour le faire cesser.

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Une version contestée par les avocats de Clément F., Maîtres Alice Becker, Raphaël Kempf, Eliot Sourty et Camille Vannier, qui assurent que leur client "a été violemment frappé à la tête alors qu’il était maintenu au sol et ne représentait aucune menace".

Dans un communiqué envoyé en fin de matinée, ces derniers avaient dit redouter que leur client soit jugé en comparution immédiate. 

Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 21/01/2020