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Malaisie : l'ex-Premier ministre évoque "le droit de tuer des millions de Français"

Publié le

par Astrid Van Laer

Mahathir Mohamad, août 2020. © Vincent Thian / POOL / AFP

"Les musulmans ont le droit de punir les Français", a-t-il dit.

Jeudi, l’ex-Premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, a déclaré que les musulmans avaient le droit "de tuer des millions de Français", peu après un attentat au couteau dans l’Hexagone. En effet, ce matin, trois personnes ont été tuées, dont au moins une a été égorgée, dans une église de Nice, lors d’une attaque considérée par les autorités françaises comme terroriste.

Peu après, celui qui fut Premier ministre de Malaisie, pays à majorité musulmane, jusqu’à la chute de son gouvernement en février, a posté sur son compte Twitter des propos incendiaires.

Se référant à la décapitation le 16 octobre de Samuel Paty, un enseignant français qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves, dans le cadre de son enseignement, Mahathir Mohamad a déclaré qu’il n’approuvait pas l’attentat, mais que la liberté d’expression n’incluait pas "les insultes à l’égard d’autrui".

"Quelle que soit la religion mise en cause, les gens qui sont en colère tuent", a affirmé l’ex-Premier ministre, âgé de 95 ans, auteur dans le passé de déclarations controversées sur les juifs et les homosexuels.

"Les musulmans ont le droit d’être en colère"

© Capture d’écran/Twitter

"Au cours de leur histoire, les Français ont tué des millions de gens. Beaucoup étaient musulmans. Les musulmans ont le droit d’être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé", a-t-il ajouté. Ce dernier, qui a occupé à deux reprises le fauteuil de Premier ministre pendant une durée cumulée de 24 ans, a jugé que le président français Emmanuel Macron était "très primitif".

"Les Français devraient enseigner à leurs citoyens le respect des sentiments d’autrui. Puisqu’on accuse tous les musulmans et la religion des musulmans pour ce qu’une personne en colère a fait, les musulmans ont le droit de punir les Français", a-t-il poursuivi. "Le boycott ne peut pas compenser les méfaits commis par les Français toutes ces années."

Il n’a fait aucune référence à l’attaque de Nice, commise, selon une source française proche de l’enquête, au cri d'"Allahou akbar" ("Dieu est le plus grand", en arabe).

Après la décapitation de l’enseignant français, Samuel Paty, par un russe tchétchène de 18 ans, Emmanuel Macron a promis que la France ne renoncerait pas aux caricatures, au nom de la liberté d’expression. Ses propos ont entraîné dans plusieurs pays musulmans de vives tensions, allant de manifestations massives jusqu’au boycott de produits français.

Konbini news avec AFP

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