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Maëlle, 17 ans, morte d’un choc toxique provoqué par un tampon hygiénique

L’adolescente belge est décédée la semaine dernière. L’infection a été mal diagnostiquée.

C’est à Somzée, en Belgique, que Maëlle, 17 ans, a succombé la semaine passée d’un choc septique, ou choc toxique, provoqué par un tampon hygiénique. Une infection difficilement détectable, dont les symptômes font penser à ceux d’une gastro-entérite. "Maëlle est rentrée de la salle de sport à 20 h 30 en pleine forme. Après s’être douchée, elle avait très froid. J’ai pris sa température vers 23 heures, elle était fiévreuse. Puis elle a commencé à vomir, à la diarrhée. À 5 heures du matin, j’ai appelé le médecin traitant car je la trouvais trop accablée et craignais une méningite vu les douleurs de nuque", raconte Laurence, sa mère. Le médecin l’a rassurée en diagnostiquant une grippe gastro-intestinale.

La nuit suivante, en tentant de se lever, l’adolescente présente des troubles de la vision et des difficultés respiratoires. Sa tension avait chuté. "Nous avons appelé l’ambulance à 3 heures du matin qui l’a transférée vers l’hôpital le plus proche, sans stress, avec toujours cette idée de gastro-entérite. De 3 heures à 7 heures, elle a été traitée pour déshydratation sévère due à la gastro." Vers 7 heures, Maëlle est transférée en soins intensifs. "Là, elle fut rapidement diagnostiquée pour choc toxique dû aux tampons et non gastro et elle a été prise en charge de façon efficace. En fin de journée, ils ont décidé de l’endormir et de l’intuber car sa respiration devenait difficile pour finalement nous rappeler d’urgence en nous annonçant que Maëlle nous avait quittés."

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"Ça n’arrive pas qu’aux autres"

Le choc septique, ou choc toxique, est dû à la présence d’une bactérie, le staphylocoque doré, dans le microbiote vaginal de certaines femmes. Entre 30 à 40 % de la population serait porteuse de la souche de staphylocoque à l’origine de ce choc, sans qu’elle soit forcément dangereuse. Parmi les facteurs concomitants, le port prolongé d’une protection hygiénique interne, comme les tampons hygiéniques ou la coupe menstruelle. Depuis les années 1990, le recensement des cas de chocs toxiques est en augmentation : 5 cas en 2004 contre 24 en 2017.

Pour Laurence, la mère de Maëlle, les personnels de soin manquent d’information à ce sujet : "Les médecins généralistes, ambulanciers, doivent avoir le réflexe de poser la question à chaque jeune fille ou femme qui présente ces symptômes : êtes-vous réglée ? Mettez-vous des tampons ?" Un meilleur diagnostic qui aurait peut-être pu sauver la jeune fille, pourtant vigilante sur ces questions. "Maëlle était informée sur le sujet, respectait les règles d’hygiène et de temps, nous en avions encore discuté il y a 2 semaines ensemble, et ça ne l’a pas empêchée de partir car nous nous sommes conformés au diagnostic du médecin de garde."

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Désormais, les proches de Maëlle souhaitent alerter l’opinion publique à ce sujet : "Ça n’arrive pas qu’aux autres. Il faut informer jeunes filles, femmes, parents, plannings, écoles, médecins et tout personnel médical", nous explique Laurence, sa maman. "Le médecin des soins intensifs, lui, nous a évoqué trois cas dans son seul service depuis peu de temps, à chaque fois avec une fin mortelle. Sans compter tous les cas non recensés ou non diagnostiqués comme tels…"

Malgré les études affirmant que c’est le mauvais usage des protections plus que les protections elles-mêmes qui seraient responsables du choc toxique, la mère de Maëlle souhaite une remise en question de ces derniers : "Je pense qu’il faut vraiment remettre en question l’utilisation de ces tampons, leur composition chimique (aucune composition n’est indiquée sur la notice), leur emballage (écrire en grand et en gras 'danger') ainsi qu’une vente encadrée dans une pharmacie plutôt que dans un rayon de supermarché. Nous donnons cela à des jeunes, à des adolescentes."

Par Pauline Ferrari, publié le 14/01/2020

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