"Macron démission" : six lycéens placés en garde à vue

Les lycéens portent plainte pour violences.

© FCPE94/Twitter

Dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 décembre, six lycéens, scolarisés à Romain-Rolland dans le Val-de-Marne, ont été placés en garde à vue pour avoir tagué "Macron Démission" sur le panneau d’affichage situé devant le lycée. Jointe par téléphone, Nageate Belahcen, présidente du FCPE (Fédération du Conseil des Parents d’Élèves) dans le 94, revient sur les événements :

"Les lycéens en question ont manifesté comme beaucoup de lycéens en France et notamment dans le 94. Dans la nuit de lundi à mardi, ils étaient six. Ils ont fait une bêtise, comme beaucoup de lycéens.

Ils ont tagué le panneau d’affichage devant le lycée, et non pas le mur du lycée. Ils ont inscrit 'Macron Démission', le fameux slogan des gilets jaunes, qui a été repris par plusieurs organismes. Ils ont été pris sur le fait et placés en garde à vue. Il était question de les relâcher le lendemain mais finalement ce n’a pas été le cas."

Et pour cause : ces six élèves de Première ont passé 48 heures en garde à vue. Selon Mme Belahcen, qui s’est rendue mardi devant le commissariat avec un groupe de parents et d’élus, dont le maire d’Ivry, Philippe Bouissou, et le sénateur Pascal Savoldelli, "il fut très difficile pour eux d’obtenir des informations".

La présidente du FCPE rapporte que deux lycéens ont été transférés dans un autre commissariat "car il n’y avait pas assez de place dans la cellule". En apprenant qu’ils passaient une nuit supplémentaire en garde à vue, un rassemblement a été organisé devant le lycée "pour soutenir les lycéens". Beaucoup de leurs camarades nous ont rejoints. Ils ont été assez choqués par l’affaire. Ça fait plus de 48 heures de GAV.

La proviseure de l’établissement a porté plainte au sujet du tag, "pas du tout au sujet du blocus", explique la présidente de la FCPE, assurant que "c’est lié forcément". Et d’ajouter :

"Ce qui est effarant, c’est que ce soit le tag qui ait déclenché une garde à vue. Selon nous, c’est totalement disproportionné. Entre les manifestations actuelles, les casses qu’il y a eu samedi sur les Champs avec l’Arc de triomphe et les lycéens qui ont tagué, il y a un grand fossé.

On n’est pas sur des actions coup de poing comme on a pu voir samedi. Ce qu’on défend c’est cette répression à tout va qui s’est mise en place et s’attaque à un mouvement lycéen qui ne fait que défendre et militer pour ses droits."

Un avocat a été sollicité par la mairie d’Ivry pour représenter les familles. Un rendez-vous a eu lieu ce matin et d’après Nageate Belahcen, les lycéens portent plainte pour violences.

Selon nos informations, les 6 adolescents ont finalement été libérés cette après-midi.

Par Astrid Van Laer, publié le 05/12/2018