Un policier équipé d’un LBD40, le 2 février 2019. © FREDERICK FLORIN / AFP

Lycéen blessé à la mâchoire par un LBD à Strasbourg : la plainte a été classée sans suite

Lilian, 16 ans, avait eu la mâchoire fracassée alors qu'il passait à proximité d'une manifestation de gilets jaunes en janvier.

Le 12 janvier 2019, Lilian Diesse, alors âgé de 15 ans, a été visé par un tir de LBD (lanceur de balles de défense) lors d’une manifestation de gilets jaunes à Strasbourg et s’est retrouvé avec la mâchoire brisée. Le jeune adolescent ne participait pas à la manifestation, mais sortait d’un magasin de vêtements se trouvant à proximité.

Une vidéo montrant le jeune garçon, le visage ensanglanté, avec un trou béant dans la mâchoire, avait fait le tour des réseaux sociaux. Sa mère, qui avait alors porté plainte pour "blessure involontaire", avait confié à France Bleu :

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"Ce n’est pas un casseur. Il est parti de la maison avec un but précis : s’acheter sa veste. Il l’avait repérée en soldes la veille, je lui ai donné l’argent pour l’acheter, il voulait rentrer rapidement pour jouer à l’ordinateur avec son copain, mais il est tombé sur un groupe de manifestants. Vous connaissez les ados, curieux, il est allé voir ce qu’il se passe et c’est là qu’il a reçu un tir de flash-ball."

Onze mois plus tard, mardi 5 novembre, la plainte a été classée sans suite par le parquet, au motif que le policier à l’origine du tir n’a pas été identifié. Selon une source proche de l’enquête qui s’est confiée à Rue89 Strasbourg, "puisque l’auteur du tir de LBD n’a pas été identifié, il n’est pas possible pour le parquet de poursuivre au pénal".

Interrogée par le média local, la mère de l’adolescent, Flaure Diesse, a réagi, déclarant être "révoltée par ce classement sans suite". Puis cette dernière d’ajouter :

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"Lorsqu’un gilet jaune commet une violence, même cagoulé, on le retrouve. Mais quand c’est un policier non, même s’il y a des caméras de vidéosurveillance. C’est lamentable…"

Flaure Diesse a également fait savoir qu’elle envisageait de poursuivre l’État en justice. "Il faut que l’État rembourse les frais que ça a engendrés pour nous", a-t-elle déclaré.

Par Astrid Van Laer, publié le 06/11/2019

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