© Lou BENOIST / AFP

Lubrizol : nouvel incident à l'usine Seveso de Rouen

La direction assure que l'incident est "sans conséquence".

Un incident s’est produit le 22 janvier sur le site Seveso de Lubrizol à Rouen, sur un bac de stockage utilisé dans le cadre de l’activité partielle qui y a repris mi-décembre, a-t-on appris jeudi 30 janvier auprès de Lubrizol.

"Un incident d’exploitation a eu lieu sur un bac de la zone de stockage ouest. À la suite d’une surpression interne, la soudure du toit du bac a été endommagée. Cette soudure est prévue pour se rompre en cas de faible surpression interne, pour garantir la sécurité et éviter l’épandage du produit. Ce dispositif de sécurité a parfaitement fonctionné", a expliqué la préfecture de Seine-Maritime à l’AFP. Le produit stocké dans le bac "était non inflammable", a-t-elle ajouté.

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Selon l’État, "il n’y a pas eu d’explosion" contrairement à ce qu’affirme une source anonyme citée par le média normand Le Poulpe, qui a révélé jeudi l’information.

"L’endommagement de la soudure s’est produit pendant une opération de soufflage de la tuyauterie du bac" destinée à la nettoyer, selon la préfecture. Les bacs de stockages équipés de dispositifs similaires sont à l’arrêt pour vérifications, a aussi indiqué la préfecture.

L’unité de mélange C2, une des deux unités qui a repris une activité mi-décembre, a été en conséquence arrêtée "quelques heures dans la nuit" du mercredi 22 au jeudi 23, d’après Lubrizol.

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90 à 100 tonnes de "produit non dangereux"

Selon Lubrizol interrogé par l’AFP, le bac contenait 90 à 100 tonnes d’un "produit non dangereux" utilisé dans le cadre des opérations de mélanges dont la reprise a été autorisée mi décembre.

Les services de l’État ont inspecté les lieux le 23 janvier : "Aucune non-conformité n’a été constatée", selon l’État. "Il n’y a eu aucune conséquence en matière de sécurité, ni d’environnement", selon Lubrizol.

"Ce type d’incident, commun dans l’industrie, ne donne généralement pas lieu à communication. Mais le détournement en cours et mal intentionné de cet aléa de production nous conduit, en toute transparence, à en repréciser les faits", a commenté Lubrizol dans un communiqué.

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Mardi, alors que l’incident n’était pas encore connu, l’avocate Corinne Lepage a demandé pour l’association Respire Rouen au tribunal administratif de Rouen de suspendre l’arrêté préfectoral du 13 décembre autorisant Lubrizol à reprendre une activité partielle. Selon l’association, un millier de tonnes de produits demeurent stockées sur le site.

Le 26 septembre, plusieurs milliers de tonnes de produits chimiques avaient brûlé et un panache de fumée noire de 70 km de long s’était formé.

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 31/01/2020