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L’ONU demande à la France de s’occuper d’une détenue en Syrie gravement malade

Publié le

par Astrid Van Laer

Camp de Al-Hol, août 2020. © Delil SOULEIMAN / AFP

Cette femme, arrêtée après la chute du groupe État islamique, est atteinte d’un cancer du côlon.

Le Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU demande à la France de "prendre les mesures nécessaires" pour soigner une détenue Française en Syrie très gravement malade selon sa famille et ses avocats, dans une lettre obtenue mercredi par l’AFP.

Cette femme de 32 ans, prisonnière avec ses quatre enfants dans un camp kurde du nord-est syrien avec des dizaines d’autres Françaises arrêtées après la chute du groupe État islamique (EI), souffre d’un cancer du côlon, ont précisé sa mère, Pascale Descamps, et ses avocats.

Face à la dégradation de son état de santé, ces derniers ont saisi fin novembre dernier le comité contre la torture du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, basé à Genève, pour qu’il demande à Paris de la rapatrier en France avec ses enfants pour des raisons médicales.

Dans sa réponse datée du 14 décembre, le comité, s’il ne demande pas explicitement à la France de la rapatrier, requiert néanmoins, "au vu des informations disponibles" sur son état de santé, de "prendre les mesures consulaires nécessaires" pour "assurer [son] intégrité", y compris "l’accès aux soins médicaux" dont elle "a besoin".

"Ne pas la laisser mourir là-bas"

"Les jours de ma fille sont comptés si on ne fait rien. Elle ne peut presque plus s’alimenter, maigrit et perd de plus en plus de sang de jour en jour", a expliqué mercredi Pascale Descamps, qui appelle Emmanuel Macron à "ne pas la laisser mourir là-bas".

La tumeur au côlon de sa fille a été diagnostiquée en novembre dans un hôpital syrien. "Au vu des conditions sanitaires, elle a de grandes chances de ne pas survivre à une opération là-bas, il faut qu’elle se fasse opérer en France", souligne sa mère.

"Toutes les informations qui nous parviennent, y compris venant des autorités du camp, confirment qu’elle se trouve dans un état grave, épuisée par cette maladie mortelle", abonde une avocate de Mme Descamps, Marie Dosé, en soulignant qu’une autre Française du camp, "diabétique", est également "dans un état préoccupant".

Environ 80 femmes et près de 200 enfants français vivent dans les camps de tentes précaires du nord-est syrien. Leurs proches, relayés par des ONG et certaines instances internationales comme le Conseil de l’Europe, appellent la France à les rapatrier.

Depuis plusieurs années, Pascale Descamps se bat pour le rapatriement de sa fille et de ses petits-enfants. En novembre 2019, nous l’avions interviewée et elle nous avait expliqué son combat :

"Si elle est rapatriée en France avec ses enfants, elle va aller en prison, ça c’est clair, et elle sait que c’est le prix à payer. On ne va pas nier qu’il faut que cette idéologie mortifère soit jugée, mais ces enfants ne sont pas responsables de la manipulation de leurs parents. […]

Je ne veux pas faire l’avocate de ma fille ou l’excuser, mais elle est Française et mérite un procès en France."

Paris, qui dit suivre une politique du "cas par cas" a jusqu’ici rapatrié par petits groupes 35 de ces enfants français, orphelins ou dont les mères ont accepté de se séparer, depuis mars 2019.

Konbini news avec AFP

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