THOMAS SAMSON / AFP

Loi Blanquer sur l’éducation : le best of des pires amendements

Plus de 600 amendements à la loi sur "l'école de la confiance" ont été déposés par les députés. Certains sont... surprenants.

(© Thomas Samson/AFP)

La loi sur l’école de la confiance compte 25 articles et met en place, entre autres, l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans. Le texte est encore en première lecture à l’Assemblée nationale. La droite et l’extrême droite ont profité des débats parlementaires pour mettre en avant des mesures particulièrement conservatrices. Petit florilège.

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Drapeaux et "Marseillaise" dans toutes les salles de classe

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Adopté. Le député Éric Ciotti (Les Républicains) a soumis au vote un amendement obligeant chaque salle de classe à afficher les drapeaux français et européens ainsi que les paroles de l’hymne national. Alors que les drapeaux et la devise républicaine ornent déjà les frontons des écoles, cette mesure a été jugée excessive et inutile par certains députés. La majorité a décidé de soutenir l’amendement, qui a donc été adopté dans la nuit du 12 février, vers 1 heure du matin. De nombreux enseignants n’ont pas manqué d’ironiser sur le décalage entre cette mesure symbolique et leurs revendications.

Interdire le voile pendant les sorties scolaires

Rejeté. Éric Ciotti (encore lui) s’est aussi attaqué aux signes religieux, notamment les voiles portés par des mères d’élèves. Cet amendement visait à interdire le port de signes religieux par les accompagnateurs de sorties scolaires, comme l’avait fait en son temps Luc Chatel, via une circulaire.

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Uniforme pour tous !

Rejeté. L’uniforme a eu un succès fou. Une dizaine d’amendements rendant le port de l’uniforme obligatoire ont été déposés. Des députés y voient la solution à tous les problèmes. Les arguments utilisés font notamment référence à la laïcité et aux "tensions communautaires". Si ces amendements n’ont pas été adoptés, le ministre Jean-Michel Blanquer est favorable à l’uniforme à l’école, mais ne souhaite pas l’imposer nationalement.

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Un amendement déposé par Les Républicains allait jusqu’à imposer "une tenue conforme à l’autorité que doit inspirer le corps enseignant" – ce qui a fait réagir beaucoup d’enseignants sur les réseaux sociaux.

Supprimer l’éducation affective et sexuelle

Rejeté. Éduquer à la sexualité ne serait pas du ressort de l’école publique. C’est en tout cas ce que pense la députée proche du Rassemblement national (RN) Emmanuelle Ménard, qui souhaite tout simplement ajouter à l’article sur l’enseignement moral et civique : "L’éducation affective et sexuelle est exclue de cet enseignement." Un autre amendement déposé par la droite suggère de ne commencer ces enseignements qu’au secondaire. Ces enseignements sont pourtant indispensables pour lutter contre les violences sexuelles, y compris celles subies par les enfants eux-mêmes.

Limiter l’éducation à l’égalité femmes-hommes

Rejeté. Selon cet amendement, l’éducation à l’égalité femmes-hommes s’inscrirait dans un registre "victimaire". Il va jusqu’à proposer la suppression du terme "violences faites aux femmes", jugé problématique. Les associations de défense des droits des femmes sont aussi en ligne de mire. Elles agiraient "au profit d’une guerre idéologie de genre" et devraient être exclues des enseignements dispensés en matière d’égalité.

Fin des "enseignements des langues et cultures d’origine"

Rejeté. Encore une idée de Mme Ménard. Cette fois-ci, c’est contre les ELCO, ces enseignements qui permettent dans certaines écoles d’organiser des cours de langues qui correspondent à la langue maternelle ou à la culture d’origine des élèves. Ces enseignements concernent des pays et des cultures variés, mais il y a de fortes chances pour que la vraie cible soit l’enseignement de la langue arabe, vivement critiqué par l’extrême droite.

Par abouviala, publié le 14/02/2019

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