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Licencié pour avoir bu deux bières pendant son service, un éboueur se suicide

Publié le

par Hugo Coignard

© Getty Images

Le riverain explique lui avoir offert ces bières pour le remercier de son travail pendant le confinement.

C’est une information que nous rapporte France Bleu Calvados. Un salarié travaillant dans une société de collecte de déchets a reçu sa lettre de licenciement jeudi 4 juin 2020. Le lendemain, il a décidé de mettre fin à ses jours.

Motif du licenciement : un contrôle d’alcoolémie positif

L’homme de 46 ans et son collègue "ont accepté deux bières offertes par un client" explique Ahmed Benani, élu CFDT au CSE de la COVED (collecte valorisation énergie déchets), interrogé par France Bleu Calvados.

Selon RTL, le riverain leur a offert des bières pour les remercier d’avoir été là pendant le confinement.

Le salarié qui effectuait sa tournée à Le Fresne-Camilly, près de Caen, présentait alors un taux d’alcool de 0,19 g par litre de sang. Son collègue et lui ont ensuite été convoqués à un entretien avant d’être licenciés, rapporte France Bleu Calvados.

"Ils auraient pu mettre en place un suivi […] au lieu de le licencier tout de suite"

"En 26 ans de carrière, il a été mis à pied une fois pour un changement de nom sur un planning", rapporte Yannick Martin, délégué CGT à la COVED, à France Bleu Calvados. "Ils auraient pu mettre en place un suivi, un accompagnement, au lieu de le licencier tout de suite".

Les syndicats ont saisi l’inspection du travail, selon les informations de France Bleu Calvados. Contactée par la radio, la direction de la COVED n’a pas souhaité réagir.

"On était les héros du quotidien. Là c’est le monde qui s’écroule"

"Mes parents sont dévastés, témoigne son frère Pablito Patry à France Bleu Calvados, c’est mon père qui a découvert le corps."

Il admet que la consommation d’alcool de son frère sur son temps de travail était une erreur. "Mais ça n’était jamais arrivé en 26 ans de carrière. Ils auraient pu lui laisser une deuxième chance", ajoute-t-il à France Bleu Calvados.

Lui aussi éboueur, Pablito se souvient du mouvement de soutien envers sa profession pendant le confinement. "Mon frère a travaillé sans relâche pendant toute cette période, on était les héros du quotidien. Là c’est le monde qui s’écroule", explique-t-il. La famille compte porter plainte.

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