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Les talibans entravent le départ des Afghans à l’aéroport de Kaboul

Publié le

par Pauline Ferrari

© Wakil Kohsar / AFP

Selon le gouvernement allemand, les talibans ont mis en place des postes de sécurité autour de l’aéroport de la capitale afghane.

Les talibans de retour au pouvoir entravent l’accès à l’aéroport de Kaboul aux candidats afghans au départ, a déploré mardi le gouvernement allemand. "Autour de l’aéroport de Kaboul, des postes de sécurité ont été mis en place par les talibans pour en contrôler l’accès", a indiqué le ministère allemand de la Défense dans un rapport dont l’AFP a obtenu copie.

"En bouclant l’aéroport, les talibans permettent aux forces internationales d’établir un trafic aérien ordonné pour évacuer leurs ressortissants. Dans le même temps cependant, la fermeture de l’aéroport rend difficile l’évacuation des ressortissants afghans", précise le ministère de la Défense.

"Nous collaborons avec les États-Unis en particulier, mais aussi avec d’autres états partenaires, pour faire en sorte que les forces locales puissent également se rendre à l’aéroport", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. "Pour elles, la situation est beaucoup plus dangereuse, car il n’y a aucune garantie qu’elles seront autorisées à passer aux points de contrôle talibans", a-t-il prévenu lors d’une conférence de presse.

"Certains parviennent tout de même à se rendre à l’aéroport, mais nous voulons nous assurer que l’itinéraire des forces locales entre la ville et l’aéroport est aussi sûr que possible", a précisé le ministre. Plus tôt dans la journée, Angela Merkel avait fait valoir que la question des prochains jours serait "surtout de savoir combien de personnes pourraient atteindre l’aéroport de Kaboul". Ce début de semaine a été marqué par les images de centaines de familles afghanes essayant de fuir le pays par les airs, quitte à s’accrocher aux avions.

Une arrivée des ressortissants et réfugiés au compte-gouttes

Berlin estime à environ 2 500 les employés locaux, avec leurs familles, qui ont travaillé avec les troupes allemandes ou à l’ambassade, et qui doivent être évacués du pays. À ce nombre s’ajoutent selon Berlin environ 2 000 militants des droits de l’homme ou membres d’organisations non gouvernementales eux aussi candidats au départ. Avec leurs familles, le nombre atteindrait 10 000 personnes.

Mais les opérations d’évacuation restent chaotiques à ce stade. Un avion militaire allemand a ainsi quitté Kaboul avec seulement sept ressortissants afghans à son bord. Un second avion allemand a pu décoller mardi de Kaboul avec cette fois 125 personnes, dont des Afghans, selon M. Maas. "La Bundeswehr [l’armée allemande, ndlr] sécurise l’accès pour nous et nous travaillons dur pour faire en sorte que davantage de personnes de Kaboul puissent être mises en sécurité dans le courant de la journée", a-t-il promis.

Du côté français, les 45 premiers exfiltrés de Kaboul par la France devraient arriver mardi après-midi à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, première rotation complète du pont aérien mis en place par la France après la chute de la capitale afghane aux mains des talibans. "L’avion a décollé, il est attendu dans l’après-midi", a indiqué à l’AFP le ministère des Armées. D’autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir, pour évacuer tous les ressortissants français, ainsi que des Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises et qui quittent le pays, en proie à la panique.

Konbini news avec AFP

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