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Les séropositifs discriminés à l'embauche dans l'armée et les forces de l'ordre

Publié le

par Clothilde Bru

© Fred Marie/Art In All Of Us/Corbis via Getty Images

Plusieurs associations saisissent le Conseil d'État pour mettre fin à cette discrimination.

Ce mardi 1er décembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida. À cette occasion, Libération révèle que plusieurs associations et des militants vont saisir le Conseil d’État afin d’obtenir "l’abrogation de règlements 'discriminatoires' et 'obsolètes' interdisant aux personnes vivant avec le VIH l’accès à des carrières militaires, dans la police ou chez les sapeurs-pompiers".

Il est important de rappeler qu’en vertu de l’article 9 du Code civil, "chacun a droit au respect de sa vie privée", et donc que rien n’oblige qui que ce soit à révéler sa séropositivité à son employeur.

Dans la pratique, pour entrer dans l’armée ou la police nationale française, il faut établir l’aptitude d’un individu grâce à un profil médical baptisé SIGYCOP. "Selon les règlements, les séropositifs se voient attribuer – en fonction de leur niveau d’infection et de prise en charge de la maladie – un coefficient d’état général de 3, 4 ou 5 qui, de fait, les exclut", détaille Libération.

"Si on applique strictement le barème, les personnes séropositives n’ont quasiment aucune chance de passer", confirme Chloé Le Gouëz, chargée de plaidoyer de l’association AIDES, interrogée par Konbini news. Chloé Le Gouëz juge ce référentiel "anachronique et disproportionné", vestige de vieilles dispositions réglementaires.

L’association avait consacré un rapport, en 2015, aux discriminations dont sont victimes les personnes touchées par le VIH.

Représentations stéréotypées et homophobie

"Grâce aux thérapies actuelles, une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH. Il n’y a donc aucun risque qu’elle contamine un(e) camarade, rappelle Chloé Le Gouëz. Et même s’il existait un risque de transmission, il existe aujourd’hui des protocoles sanitaires, notamment pour toutes les personnes qui sont séropositives sans le savoir."

Cette forme de discrimination existait encore il y a quelques années dans certaines écoles françaises : l’École nationale des arts du cirque et Polytechnique (avant 2014) et l’École nationale de la magistrature (avant 2016). Pour Chloé Le Gouëz, la position de l’armée ne tient plus :

"Il y a des représentations stéréotypées selon lesquelles les personnes séropositives sont des personnes fragiles, aux mauvaises mœurs, évidemment il y a de l’homophobie aussi, alors qu’aujourd’hui on vit en très bonne santé avec le VIH. Une personne séropositive sous traitement ne transmet plus."

Dans une tribune publiée ce mardi 1er décembre dans Libération, "Stop aux discriminations liées au VIH par l’État français", un collectif d’associations et de militants enjoint le Conseil d’État "de mettre un terme à cette discrimination".

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