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Les préservatifs vont être remboursés par la Sécu

"Plus il sera utilisé et mieux ce sera pour tout le monde."

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Les capotes bientôt remboursées par la Sécu ? C’est ce qu’a assuré Agnès Buzyn lors de son passage sur France Inter mardi 27 novembre. La ministre de la Santé a annoncé qu’à partir du 10 décembre prochain, un préservatif masculin particulier, nommé Eden, sera remboursé par l’Assurance maladie s’il est prescrit sur ordonnance.

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Ce dernier a été mis au point et est commercialisé par le laboratoire Majorelle, qui insiste sur l’importance du remboursement en s’appuyant sur le fait que "les infections sexuellement transmissibles (IST) explosent en France", puisqu’elles ont été multipliées par trois entre 2012 et 2016.

Le laboratoire se repose sur un sondage Elabe, réalisé la semaine dernière, pour justifier la nécessité de ce nouveau dispositif. Cette étude consultative mettait au jour que 75 % des jeunes de 15 à 24 ans ont répondu qu’ils seraient prêts à utiliser davantage le préservatif masculin si celui-ci était remboursé par la Sécurité sociale.

Il s’agissait d’une proposition du Comité économique des produits de santé (CEPS) au sujet de laquelle la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis un avis favorable. Agnès Buzyn a déclaré :

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"Nous découvrons chaque année environ 6 000 nouveaux cas. Beaucoup [d’entre eux], notamment chez les jeunes, autour de 800 à mille nouveaux cas chez des gens de moins de 25 ans qui utilisent souvent le préservatif pour leur premier contact sexuel mais pas actes suivants."

"Cela fait 23 ans que nous le demandons"

De son côté, le laboratoire assure par le biais d'une porte-parole que tout le monde pourra se procurer ces préservatifs  et précise :

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"C’est n’importe qui, sur prescription d’un médecin généraliste, spécialiste ou des sages-femmes. Ça a vocation à répondre à la multiplication des IST ces dernières années, qui sont vraiment devenues un enjeu de santé publique. Il faut replacer le sujet de la prévention dans le cadre des consultations."

Interrogée sur la question du coût, inférieur aux marques de préservatifs concurrentes puisqu’une boîte de 24 unités coûtera 5,20 euros TTC, elle assure que "cela reste un préservatif de qualité premium", ajoutant : "Ils ont fait appel à un fabricant qui est un leader mondial (Okamoto Rubbers) reconnu pour la qualité de ses préservatifs. Il n’y a pas de sujet sur sa qualité." Et d’expliquer :

"Ce qui fait que c’est moins cher, c’est que dans le cadre de cette décision sur un dispositif médical, ça a fait l’objet d’une négociation sur les prix."

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Il ne devrait pas non plus y avoir de limites en termes de nombre de boîtes prescrites, explique-t-elle, avant d’ajouter :

"Plus le préservatif sera utilisé et plus cela aura un impact sur la baisse des IST. C’est essayer d’apporter une réponse : le traitement curatif des IST est extrêmement coûteux. Plus il sera utilisé et mieux ce sera pour tout le monde."

"Cela fait 23 ans qu’avec Élus contre le sida nous demandons le remboursement des préservatifs", a déclaré pour sa part Jean-Luc Romero-Michel, maire adjoint du 12e arrondissement de Paris et militant actif contre le sida. Ce dernier, président de l’association Élus contre le sida, s’est réjoui en apprenant la nouvelle : "Je ne peux que féliciter chaleureusement Agnès Buzyn de prendre cette mesure de bon sens, qui aurait dû être prise il y a bien longtemps !"

Par Astrid Van Laer, publié le 27/11/2018

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