https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Senate_Judiciary_Committee_Chairman_Sen._Jeff_Sessions_(R-AL)_makes_opening_remarks_to_a_panel_of_Department_of_Homeland_Security_officials.jpg

Des méthodistes veulent exclure de leur Église le ministre américain de la Justice Jeff Sessions

Jeff Sessions est jugé responsable de la politique de tolérance zéro menée vis-à-vis des immigrés clandestins à la frontière mexicaine. Depuis plusieurs semaines, des centaines d’enfants sont séparés de leurs parents par la police des frontières. En réaction, certains  coreligionnaires du ministre aimeraient qu’il quitte leur communauté.

Aux États-Unis, le scandale autour des enfants de sans-papiers séparés de leurs parents et retenus à la frontière avec le Mexique ne cesse de prendre de l’ampleur. Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, est devenu le visage de cette politique de tolérance zéro mise en place depuis le début du mois de mai.

Publicité

Comme Donald Trump, il refuse de lâcher quoi que ce soit sur ce sujet qui scandalise l’opinion publique – et tous les moyens sont bons pour justifier sa ligne inflexible. Sauf que ses agissements pourraient bien lui coûter sa paroisse.

Plus de 600 membres de l’Église méthodiste, à laquelle il appartient, ont signé une pétition exigeant qu’il soit poursuivi pour "maltraitance d’enfants, immoralité, discrimination raciale et diffusion de doctrine fallacieuse", comme le rapporte le magazine américain Mother Jones.

Acculé, ce dernier avait en effet invoqué saint Paul pour tenter de justifier les séparations de ces familles, dans un long discours qu’il a prononcé jeudi dernier :

Publicité

"Je pourrais vous renvoyer à l’apôtre Paul et à son commandement clair et sage […] qu’il faut obéir aux lois du gouvernement car Dieu les a décrétées afin d’assurer l’ordre", selon une traduction du Parisien.

Jeff Sessions risque-t-il vraiment l’expulsion ?

Une référence qui n’était pas du goût de plusieurs centaines de membres de cette branche du protestantisme. La lettre, signée par des fidèles et plusieurs responsables ecclésiastiques, a été adressée à deux révérends :

"En tant que membres de cette institution, nous espérons que vous enquêterez sérieusement sur les engagements et les actions de M. Sessions qui ont conduit à faire du mal à des milliers d’êtres humains vulnérables."

Publicité

En outre, les signataires n’excluent pas une procédure interne qui permettrait à Jeff Sessions de "prendre conscience de ses agissements néfastes et de travailler à réparer les dommages qu’il cause actuellement aux immigrants, en particulier à des enfants et leurs familles".

Les enregistrements publiés lundi 19 juin par le site d’investigation ProPublica, dans lesquels on entend des enfants esseulés, en larmes, appeler leurs parents à cor et à cri, ont déjà été écoutés près de deux millions de fois.

Publicité

Jeff Sessions était un membre actif de l’Église méthodiste. Selon Mother Jones, il donnait des cours de catéchisme le dimanche dans sa paroisse de l’Alabama, et représentait sa congrégation lors de la conférence générale annuelle de l’Église méthodiste.

Selon le site Vox, n’importe quel membre de cette Église peut porter des accusations à l’encontre d’un autre membre. Si en théorie elles peuvent mener à une exclusion après un jugement en interne, dans les faits c’est très rare. Ce genre de procédure se termine généralement par une médiation.

Pendant ce temps, l’affaire des enfants emprisonnés continue de faire couler beaucoup d’encre outre-Atlantique. Critiqué jusque dans les rangs de son parti pour son laisser-faire, Donald Trump a continué à renvoyer la faute sur le parti démocrate dans une série de tweets assassins.

"C’est la faute des démocrates, ils refusent de nous donner les voix nécessaires au vote de cette loi sur l’immigration. Ils veulent ouvrir les frontières, ce qui fait entrer la criminalité dans le pays. Les républicains veulent de la sécurité. Mais je travaille à quelque chose – ça ne s’arrête jamais !"

Mercredi 20 juin, Donald Trump a finalement annoncé qu’il allait signer un texte afin de mettre un terme à cette pratique – sans qu’aucune date ne soit avancée. Depuis le mois de mai, 2 300 enfants ont été séparés de leurs familles.

Par Clothilde Bru, publié le 20/06/2018

Copié

Pour vous :