(© Sébastien Bozon/AFP)

Les gilets jaunes font leur rentrée et ils comptent bien être sur tous les fronts

"Les blocages des ronds-points vont reprendre."

On ne vous apprend rien, c’est la rentrée. Les gilets jaunes, omniprésents dans l’actualité l’année dernière, se sont faits plus rares ces dernières semaines, voire ces derniers mois. Du moins, jusqu’à il y a quelques jours : de nombreux articles se sont mis à évoquer un "septembre noir" en préparation par les factions encore actives du mouvement social. Qu’y a-t-il donc de si spectaculaire prévu pour les jours à venir ?

"Je ne sais pas d’où vient cette expression", assure pour sa part Priscillia Ludosky lorsqu’on lui parle de "septembre noir". Si les rassemblements ont été moins suivis cet été, certains leaders du mouvement s’attendent toutefois à un retour en force samedi prochain, le 7 septembre.

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"Ce sera le 43e samedi de mobilisation, je ne sais pas si vous vous rendez compte", s’enthousiasme Mathieu Blavier, un gilet jaune de la première heure qui habite dans les Bouches-du-Rhône. "Rendez-vous compte : c’est en septembre de l’année dernière qu’on a commencé à créer le mouvement", ajoute-t-il.

La persistance du mouvement social est assurément remarquable. Mais on ne peut s’empêcher de signaler que les samedis de mobilisation, eux, sont de moins en moins suivis. Pour Mathieu Blavier comme d’autres, le choix du gouvernement d’employer la force pour réprimer les manifestations est en grande partie responsable de l’épuisement du mouvement dans la rue. "Beaucoup de gens ont peur de la police", explique José Espinosa à Konbini news.

Ce gilet jaune à la retraite réside à Montreuil. "Le mouvement dure depuis plus de 9 mois, il est normal que les autres sujets du quotidien reprennent le dessus, analyse-t-il. Moi-même je suis parti en vacances plusieurs semaines cet été."

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Comment remobiliser les troupes ?

Pour Priscillia Ludosky, la question de la "remobilisation" n’a pas lieu d’être. "C’est la continuité, pas l’intensité qu’on vise", nous explique-t-elle. "Il ne faut pas que le gouvernement croie que c’est fini, que les gens sont rentrés chez eux définitivement", affirme Mathieu Blavier. Le jeune homme de 23 ans l’assure : "Les blocages sur les ronds-points vont reprendre cet automne."

Pour le reste, beaucoup de gilets jaunes comptent sur une convergence des luttes avec les militants pour le climat, ceux qui dénoncent les violences policières, ou encore les professeurs en colère. L’année dernière les mouvements lycéens et les gilets jaunes n’ont jamais réussi à s’allier de manière durable.

Ils comptent aussi beaucoup sur le calendrier des réformes prévues par Emmanuel Macron. "Le gouvernement va se charger tout seul de réveiller les mécontentements", assure José Espinosa. À surveiller notamment : la réforme des retraites, un sujet brûlant qui pourrait permettre au mouvement de reprendre de l’ampleur.

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Les revendications des gilets jaunes sont toujours les mêmes : "L’essence est encore plus chère que l’année dernière", souligne Mathieu Blavier. C’est bien l’augmentation du prix du carburant qui avait mis le feu aux poudres en novembre de l’année dernière, et conduit beaucoup de Français à manifester. De manière plus générale, il s’agit bien de justice sociale et de pouvoir d’achat. "Ce que je souhaite pour cette année, c’est que tous les Français puissent manger à leur faim, et vivre dignement. Ce n’est pas le cas aujourd’hui", déplore Mathieu Blavier.

Si tous les gilets jaunes que nous avons interrogés minimisent l’importance d’être nombreux dans la rue, c’est pourtant bien leur seul moyen de réellement peser.

Par Clothilde Bru, publié le 02/09/2019

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