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Les États-Unis accélèrent leurs vaccinations, l’Europe reste à la traîne

Publié le

par Pauline Ferrari

© LOIC VENANCE / AFP

Les campagnes de vaccination progressent partout dans le monde, à un rythme plus ou moins soutenu.

Les États-Unis, en avance sur leurs objectifs, vont proposer la vaccination anti-Covid à l’ensemble des adultes américains à partir du 19 avril, devrait annoncer le président Joe Biden.

Le pays le plus endeuillé au monde en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550 000 morts, a donné un grand coup d’accélérateur à sa campagne de vaccination : selon les autorités, plus de trois millions d’injections sont réalisées par jour en moyenne, depuis une semaine. Le pays a également assuré lundi vouloir en faire "beaucoup plus" dans les livraisons de vaccins aux pays étrangers, sans demander de "faveurs" en échange.

Pendant ce temps, les campagnes de vaccination peinent à monter en puissance dans l’Union européenne : selon la Commission, aucun des 27 pays n’a atteint fin mars l’objectif de vacciner 80 % des personnes de plus de 80 ans. D’autant que l’Agence européenne des médicaments n’a toujours pas tranché sur le lien entre le vaccin AstraZeneca et certains types rares de thromboses. L’exécutif européen a cependant affirmé que l’accélération des livraisons de vaccins au deuxième trimestre permettra à l’UE d’atteindre "l’immunité collective" cet été.

En France, où la troisième vague bat son plein et au début du troisième confinement en un an, un centre de vaccination géant a ouvert lundi au Stade de France, l’enceinte de l’équipe de football championne du monde, en banlieue parisienne. Selon Alexandra Boutelier, directrice du stade, l’infrastructure devrait permettre l’injection de 10 000 doses par semaine, comme elle l’expliquait au micro de BFMTV.

Le vaccin AstraZeneca toujours à l’examen par l’Agence européenne des médicaments

Mardi, le comité de sécurité de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué ne pas encore être parvenu à une conclusion sur le lien entre le vaccin du laboratoire suédo-britannique et certaines thromboses, contredisant les déclarations de l’un de ses responsables quelques heures plus tôt. "L’examen est en cours" a souligné le régulateur européen, précisant qu’une annonce est attendue en milieu de semaine.

Depuis plusieurs semaines des suspicions sont apparues sur de possibles effets secondaires graves mais rares, après l’observation chez des personnes vaccinées avec AstraZeneca de cas de thromboses atypiques. Des dizaines de cas ont déjà été recensées, dont plusieurs se sont soldés par un décès. Au Royaume-Uni, on compte ainsi 30 cas et sept décès sur un total de 18,1 millions de doses administrées au 24 mars.

Un responsable de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a assuré mardi que la balance risque/bénéfice continue à peser "largement" en faveur de l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca. Jusqu’ici, l’EMA soutient qu'"aucun lien causal avec le vaccin n’est prouvé", même s’il est "possible", et que les avantages de la vaccination contre le coronavirus l’emportent toujours sur les risques. De son côté, AstraZeneca avait assuré en mars qu’il n’y avait "aucune preuve de risque aggravé".

Par précaution, plusieurs pays ont décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d’un certain âge, comme la France, l’Allemagne et le Canada. La Norvège et le Danemark ont suspendu son utilisation. Ce vaccin est l’un des quatre approuvés dans l’Union européenne, avec celui de Moderna, de Pfizer/BioNTech et de Johnson & Johnson dont les livraisons sont attendues le 19 avril.

Nouvelles restrictions en Asie, contre passeport vaccinal en Europe du Nord

Ailleurs dans le monde, l’accès aux vaccins est plus difficile, tandis que le nombre de cas de malades du Covid-19 augmente. D’autres pays ont annoncé de nouvelles restrictions : en Inde, où un record de cas vient d’être enregistré, la ville de New Delhi va imposer à ses 25 millions d’habitants un couvre-feu à compter de mardi. Au Bangladesh, la mise en place d’un confinement de sept jours a provoqué de violentes manifestations contre lesquelles la police a ouvert le feu, faisant un mort et au moins sept blessés. La situation s’aggrave aussi en Géorgie, qui a enregistré mardi le triple du nombre de cas enregistrés quotidiennement ces derniers mois.

Dans certains pays, l’heure est à la réouverture et chez certains, au test du passeport vaccinal. Au Danemark, les salons de coiffure et de beauté rouvrent pour les détenteurs d’un "passeport" de vaccination contre la maladie. Un passeport sanitaire similaire est envisagé par le gouvernement britannique pour les rassemblements de masse en Angleterre, comme les matchs de football et les événements en salle. Le Premier ministre Boris Johnson a confirmé la réouverture le 12 avril des commerces non essentiels.

La pandémie a fait plus de 2 862 002 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi mardi par l’AFP.

Konbini news avec l’AFP

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