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Les directeurs d’école vont-ils choisir eux-mêmes leurs enseignants ?

Publié le

par Clothilde Bru

© Daniel Cole / POOL / AFP

C’est ce qu’Emmanuel Macron souhaite expérimenter dès la rentrée 2022

Le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi 2 septembre vouloir expérimenter à Marseille, dans 50 écoles "laboratoire", et ce dès la rentrée 2022, la liberté du choix des enseignants par les directeurs, une annonce qui a déclenché l’ire des syndicats enseignants.

Le chef de l’État a insisté sur le fait de "pouvoir d’abord choisir les enseignants, pour être sûr qu’ils sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet", en reconnaissant dire "plein de gros mots pour beaucoup de gens".

"C’est quoi cette histoire ? On a des rats dans les écoles, on n’a pas envie de devenir des rats de laboratoires", a vivement réagi auprès de l’AFP le secrétaire départemental du syndicat d’enseignants SNUipp Sébastien Fournier.

Très déçu par ces annonces, cet enseignant marseillais note : "On nous annonce 200 policiers supplémentaires, mais aucun enseignant supplémentaire".

Au niveau national, Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, a dénoncé des mesures "hors-sol" : "Jamais il n’y a eu de remontées, que ce soit à Marseille ou ailleurs, que nous sommes face à des écoles où les enseignants seraient inadaptés aux projets d’écoles".

"Cette annonce intervient en plus dans une période où nous discutons, tous les syndicats, avec le ministère sur la question des directeurs d’école, qui a été soulevée durant le Grenelle de l’Éducation (qui a duré trois mois, ndlr)", a insisté Stéphane Crochet.

"Indignes de la République"

Pour expliquer cette "innovation", le président a développé : "Les parents me disent : 'à tel endroit les profs ne viennent plus', ça arrive parce qu’il y a des gens qui sont fatigués de travailler trop longtemps dans les quartiers difficiles". "On doit permettre à nos enseignants de choisir ces quartiers et les projets pédagogiques qui vont avec, c’est pas le cas aujourd’hui", a-t-il déploré.

Les syndicats s’attendaient à des annonces sur le bâti, alors que 174 écoles marseillaises, "indignes de la République" selon le maire de gauche Benoît Payan, ont besoin de travaux lourds de rénovation.

Le président a annoncé "une société avec un pilotage de l’État" pour financer notamment ces travaux, sans préciser le montant que l’État est prêt à mettre, assurant qu’il n’y avait "pas d’autre territoire où il y a autant de difficultés sur le bâti scolaire".

"Je veux ici qu’on puisse en quelque sorte innover et mettre en place à côté de ces investissements dans les bâtiments, une méthode radicalement nouvelle pour l’éducation de nos enfants", a insisté Emmanuel Macron, estimant que cette école, "elle n’existe pas en France aujourd’hui".

Le président a esquissé des aspects de cette "école du futur", qu’il veut expérimenter à Marseille, évoquant notamment beaucoup d’élèves "qui sont allophones" : "eh bien on doit permettre peut-être d’avoir des aides" ou encore "d’adapter les rythmes scolaires".

Il a évoqué son souhait, si cette expérience est concluante, de la généraliser "dans d’autres territoires de la République".

Konbini news avec AFP

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