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"L'épidémie est de nouveau très active" : Olivier Véran fait le point

Publié le

par Astrid Van Laer

© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le virus, qui circule plus lentement que lors de la première vague, circule "toujours activement", a martelé le ministre.

Le ministre de la Santé Olivier Véran détaillait cet après-midi la stratégie du gouvernement pour lutter contre la propagation du virus lors de son premier point hebdomadaire, effectué depuis le ministère de la Santé et des Solidarités.

Celle-ci est constituée en quatre axes majeurs, a-t-il expliqué : le maintien de la bonne application des gestes barrières, la poursuite du dispositif "tester, alerter, protéger", la mise en place d'"une stratégie différenciée et adaptée à chaque territoire" et, enfin, la protection des "personnes vulnérables et âgées".

Le ministre a pointé et souligné qu'"une accélération de la circulation du virus" et une "progression de l’épidémie" étaient actuellement observées, avec 83 cas pour 100 000 habitants, contre 40 à la fin du mois d’août, et dix à la fin du mois de juillet.

Le facteur R, qui indique la vitesse de circulation du virus, est supérieur à 1 dans l’Hexagone, a-t-il ensuite annoncé. "De nouvelles contaminations" et "de nouvelles formes graves" sont aussi observées. Une augmentation du taux de positivité des tests est également à l’œuvre. Celle-ci se situait autour d’1 % au début de l’été, a-t-il dit. Désormais, on relève une incidence de l’ordre de 5 %, a précisé Olivier Véran, avant d’ajouter que les modes de propagation du virus avaient changé.

"Le virus ne s’est jamais arrêté de circuler", a-t-il poursuivi, précisant que les personnes moins jeunes, à savoir les plus de 65 ans, et vulnérables, étaient plus contaminées qu’avant. "On ne se bat pas avec les mêmes armes et on connaît mieux notre adversaire", a toutefois tenu à souligner le ministre.

"Le virus n’est pas devenu moins dangereux avec l’été"

"Nous gagnons en efficacité", s’est-il réjoui. En outre, le ministre a précisé que la situation n’était plus la même que lors de la première vague : "Ce n’est pas une courbe que nous cherchons à écraser mais autant de courbes qu’il y a de foyers épidémiques en France", poursuivant : "Les mesures que nous prenons sont différenciées en tenant compte du territoire où le virus circule."

Le seuil d’alerte, fixé à 50 cas pour 100 000 habitants, a été dépassé dans 53 départements, a-t-il ajouté, évoquant notamment Marseille, la Guadeloupe, Bordeaux, Lyon ou encore Paris.

"Le virus n’est pas devenu moins dangereux avec l’été", a encore martelé Olivier Véran. "C’est une course contre la montre", a-t-il ensuite déclaré, ajoutant : "Si nous ne faisons rien, nous risquons de ne plus pouvoir prendre en charge tous les patients qui en ont besoin." "Nous devons limiter au maximum le nombre de patients qui risquent d’entrer à l’hôpital pour cette maladie", a-t-il encore dit.

Il a également annoncé que dans les villes de Lyon et de Nice, de nouvelles restrictions allaient être prises, évoquant notamment la possible fermeture des bars. En Guadeloupe et à Marseille, les restrictions annoncées la semaine dernière devraient être renforcées. À Paris, "les seuils ne sont pas encore atteints mais nous serons extrêmement attentifs", a-t-il dit.

Avant d’évoquer une doctrine de priorisation des tests avec la mise en place d’une liste de personnes prioritaires. "Le rôle des médecins généralistes dans cette priorisation est important", a-t-il détaillé, promettant notamment que des plages horaires seraient réservées aux publics dits prioritaires.

Enfin, Olivier Véran a demandé aux personnes âgées "de réduire encore le nombre de personnes qu'[elles voient] chaque jour", insistant sur leur vulnérabilité face au virus.

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