A police officer points a 40-millimetre rubber defensive bullet launcher LBD (LBD 40) with an attached camera during a demonstration in Paris on February 9, 2019, as « Yellow Vests » (Gilets Jaunes) protesters take to the streets for the 13th consecutive Saturday. – The « Yellow Vests » (Gilets Jaunes) movement in France originally started as a protest about planned fuel hikes but has morphed into a mass protest against the French President’s policies and top-down style of governing. (Photo by Zakaria ABDELKAFI / AFP)

Le Parlement européen juge l’usage du LBD par la France "disproportionné"

Les blessures causées par ces armes controversées ont été comparées à des "blessures de guerre".

9 février 2019. (© Zakaria ABDELKAFI / AFP)

Les députés européens ont condamné jeudi l’usage "disproportionné" de la force par la police dans les manifestations, une résolution inspirée par le débat français sur le recours aux lanceurs de balles de défense (LBD) au cours des manifestations des gilets jaunes.

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Dans cette résolution, votée par 438 voix pour, 78 contre et 87 abstentions, les députés ont "dénoncé le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques".

Le texte ne cible pas un État membre en particulier mais a donné lieu en préambule dans l’hémicycle strasbourgeois à un débat animé auquel ont pris part plusieurs eurodéputés français.

Le débat, demandé par une coalition regroupant l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Verts et la GUE (Gauche unitaire européenne), avait été lundi soir dominé en partie par la situation en France avec les manifestations des gilets jaunes, même s’il fait référence à d’autres pays tels que la Roumanie, l’Espagne, la Hongrie et la Grèce.

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L’élu du parti français Les Républicains Renaud Muselier a comparé le président Emmanuel Macron à "Jupiter revenu sur terre", lui reprochant des concessions aux gilets jaunes, "au détriment des règles budgétaires européennes".

De son côté, l’eurodéputé écologiste français Yannick Jadot a dénoncé l’usage des lanceurs de balles de défense, des armes controversées utilisées par les forces de l’ordre pendant des manifestations des gilets jaunes.

"Il n’y a qu’en France, en Pologne et en Grèce qu’il y a un usage sans limite de ces instruments qui […], selon les équipes médicales, causent des blessures de guerre", a-t-il déclaré.

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"Je m’inquiète du basculement autoritaire du président Macron"

Le président des Patriotes Florian Philippot, l’ancien bras droit de Marine Le Pen, s’est présenté dans l’hémicycle en gilet jaune, la main sur un oeil pour symboliser les blessés au cours des manifestations, et a dénoncé "un pouvoir aux abois [qui] donne des ordres délirants, irresponsables, insensés contre sa propre population".

"Je m’inquiète pour mon pays, je m’inquiète pour les libertés en France et je m’inquiète du basculement autoritaire du président Macron", a lancé Younous Omarjee, de La France Insoumise (GUE).

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À l’issue du vote, son groupe politique a regretté que les eurodéputés n’aient pas appelé à l’interdiction des LBD. La socialiste française Sylvie Guillaume a aussi jugé "inacceptable" que cette interdiction "ne figure pas dans la résolution du Parlement car la droite européenne s’y est opposée !".

La résolution "condamne le recours à certains types d’armes à létalité réduite", dont les "projectiles à impact cinétique", dont font partie les LBD.

Pour les eurodéputés français de Generation.s, du groupe S&D, "le Président de la République française doit entendre l’alerte du Parlement européen et revoir sa politique de maintien de l’ordre, qui conduit à une surenchère de violence".

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 14/02/2019

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