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Le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus en médecine

Deux pistes sont à l’étude pour réformer le système actuel très – voire trop – sélectif.

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La France manque cruellement de médecins, et ça risque d’empirer. C’est certainement dans une tentative désespérée de redresser la barre que le gouvernement envisage d’en finir avec le concours de la première année de médecine et son fameux numerus clausus.

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Selon France Info, les étudiants de première année de médecine pourront prochainement passer en année supérieure en décrochant la moyenne à leurs partiels comme dans n’importe quelle faculté.

Actuellement, seul un candidat sur 7 parvient à intégrer la deuxième année de médecine. En 2017, cela représentait 15 % des étudiants : quelque 8 200 sur 60 000 candidats.

Vers un numerus apertus ?

Pour le moment, le gouvernement décide du nombre d’étudiants qui pourra suivre des études en médecine dans chaque région en se basant sur les besoins en praticiens, l’évolution de la population ou encore les demandes en matière de santé, comme l’explique dans le détail Sud-Ouest.

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Ce système présente toutefois des imperfections. En effet, rien ne garantit que les élèves s’installeront ensuite dans la région où ils ont été formés.

L’exécutif a ouvert deux pistes de réflexion. Premièrement en finir avec le numerus clausus, au profit d’un numerus apertus (ouvert en latin). Comprenez que ce sont les facultés elles-mêmes qui pourront choisir le nombre d’étudiants qu’elles forment en fonction du nombre de places dont elles disposent.

Un concours en fin de troisième année

L’autre option serait de déplacer le concours de médecine en fin de troisième année, ce qui présente l’avantage de ne pas laisser les étudiants qui auraient échoué sur le carreau. Ils bénéficieraient de passerelles au niveau licence pour s’orienter vers d’autres métiers de la santé.

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Le seul hic, c’est qu’il y a urgence. Selon Le Figaro, plus de 19 000 postes de médecins étaient "statutairement vacants" en début d’année dans les hôpitaux, sans parler de toutes ces régions de France qui se transforment en déserts médicaux.

Alors qu’une quantité importante de médecins va partir à la retraite, il faudra attendre 10 ans pour voir les effets de la réforme. En attendant, la France va donc irrémédiablement devoir avoir recours à des médecins formés à l’étranger, une pratique de plus en plus courante.

Quelle que soit l’option choisie, une chose est sûre, il était temps d’opérer des changements.

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Par Clothilde Bru, publié le 05/09/2018

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