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Le futur congé paternité pourrait être deux fois plus long et obligatoire

Publié le

par Clothilde Bru

© Capture écran / France Info

Le secrétaire d'État Adrien Taquet s'est dit "favorable" à l'augmentation de la durée du congé paternité.

C’est une différence de taille à l’arrivée d’un bébé. Alors que la mère a le droit à 10 semaines de congé, le père lui ne bénéficie que de 11 jours consécutifs, auxquels il faut ajouter un congé dit de "naissance" de 3 jours.

Les comptes sont loin d’être bons.

Invité de France Info mardi 28 juillet, le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance et des familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, Adrien Taquet, a annoncé qu’il songeait à allonger ce délai.

"Une des hypothèses sur laquelle nous travaillons, c’est de doubler le congé actuel et de passer à un mois de congé parental global, c’est-à-dire intégrant à la fois le congé paternité stricto sensu et les congés de naissance", a-t-il précisé.

Il faut bien reconnaître que la France est en retard sur cette question par rapport à certains voisins européens. En Suède par exemple, père et mère se partagent équitablement un congé parental de 480 jours. Et il est obligatoire, une donnée qu’Adrien Taquet veut aussi intégrer à ce nouveau dispositif : 

“Je suis assez convaincu, pour en avoir également parlé avec mes homologues suédois et finlandais, que le rendre obligatoire à un côté décisif.”

Une injustice 

Les pères sont de plus en plus nombreux à ressentir un sentiment d’injustice. En février dernier, nous recueillions le témoignage d’Alexandre Marcel, 33 ans, certain que cette différence de traitement crée des inégalités incommensurables. 

"Quand un employeur voit arriver une jeune femme, cling ! Il a un petit truc qui s’allume dans sa tête : elle aura peut-être un bébé bientôt et donc peut-être 'bye-bye'. Ben aujourd’hui, il faut qu’il puisse se dire la même chose avec un jeune papa."

Nommé en janvier dernier, Adrien Taquet fait partie des membres du gouvernement reconduits au terme du remaniement de ce début du mois de juillet.  

En septembre dernier, Emmanuel Macron lui confiait les rênes de la concertation des "1 000 premiers jours" de l’enfant. Au menu de ce vaste chantier, on trouve notamment la garde des enfants mais aussi les congés parentaux. Le rapport de cette commission doit être remis au président de la République à la rentrée, a précisé Adrien Taquet au micro de France Info.