© Lionel BONAVENTURE / AFP

L'Assemblée nationale rejette le congé de 12 jours pour les parents endeuillés

Au motif que ça pénaliserait les entreprises.

Faire passer de 5 à 12 jours le congé pour les parents qui ont perdu un enfant. C’était la proposition portée par le député UDI du Nord, Guy Bricout, qui la présentait ce jeudi 30 janvier devant l’Assemblée nationale. 

C’est finalement non. La faute à "la majorité qui a totalement vidé le texte de sa substance", affirme François Ruffin, élu de La France insoumise (LFI), sur Twitter. Il a consacré plusieurs posts à cette décision qui le laisse pantois  :

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In fine, le député a donc préféré s’abstenir, comme Guy Bricout lui-même et une quarantaine d’élus.

Légalement, les parents qui viennent de perdre un enfant n’ont que 5 jours pour se remettre de l’impossible. 5 jours pour accepter l’inacceptable en plus d’assumer tout ce que cela induit ; des obsèques aux multiples démarches administratives.

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"Cruellement insuffisant"

C’est "cruellement insuffisant", estime Guy Bricout (UDI). "Le Code du travail accorde 11 jours de congé de paternité, il ne me semble pas normal que cette durée soit plus courte en cas de décès. Ce serait dans l’ordre des choses selon moi", arguait l’élu lors de la présentation de son texte en commission, rapporte France Inter. 

Déjà, lors de cette étape préliminaire, Sereine Mauborgne, élue de la majorité, avait fait part de ces réticences. 

"Il nous paraît difficile, alors que les arrêts maladie ne sont jamais refusés en pareille circonstance et rémunérés par la solidarité nationale, de faire peser cette charge sur les entreprises", a expliqué Sereine Mauborgne, lors de la séance de travail.

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Dans la réalité, il est très rare que les parents reprennent le travail au terme du congé légal. Celui-ci est généralement suppléé par un arrêt maladie. Sereine Mauborgne propose plutôt de donner la possibilité aux salariés de faire un don de RTT à leurs collègues comme c’est déjà le cas lorsqu’un enfant est malade. 

Un point de vue partagé par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui reproche à ce congé de reposer à "100 % sur l’entreprise", rapporte La Voix du Nord.

Par Clothilde Bru, publié le 30/01/2020

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