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L'amende de la septuagénaire verbalisée pour être allée devant l'EHPAD de son mari annulée

Publié le

par Astrid Van Laer

© SEBASTIEN BOZON / AFP

Chaque jour depuis le début du confinement, Hedwig venait, munie d'une ardoise, saluer son époux devant sa fenêtre fermée.

L’histoire de cette septuagénaire verbalisée pour être allée saluer par la fenêtre son époux, résident dans un EHPAD, avait rapidement ému l’opinion. Hier soir, la gendarmerie a finalement fait savoir que cette verbalisation allait être annulée.

Pour rappel, Hedwig, inquiète des conséquences du confinement sur l’état de son époux, Jean-Jacques, avait pris l’habitude de se rendre, munie d’une ardoise sur laquelle elle lui écrivait des mots, le saluer par la fenêtre de son EHPAD de Graulhet, situé tout près de son domicile du Tarn.

Mais, lors d’un contrôle par les forces de l’ordre, cette Tarnaise de 79 ans avait écopé d’une amende pour violation de "cordon sanitaire". C’est la fille du couple, Mariani Boghossian, inquiète des conséquences de cet interdit pour la santé de son père, 93 ans, qui avait rapporté l’histoire aux médias.

Dans un courriel consulté par l’AFP, la préfecture du Tarn a dans un premier temps confirmé le bien-fondé de cette verbalisation auprès de Mariani Boghossian, expliquant :

"Même si la visite en extérieur de votre mère peut être considérée comme une assistance à personne vulnérable, un cordon sanitaire autour des Ehpad doit être absolument respecté.

De ce fait, votre mère était bien en infraction."

La préfecture a toutefois indiqué à l’AFP, mardi, que la gendarmerie allait "rentrer en contact avec la famille pour éteindre la procédure" dans cette affaire "où il y a peut-être eu un peu d’excès". C’est désormais chose faite, rapporte La Dépêche, à qui Catherine Ferrier, préfète du Tarn, a expliqué : "La verbalisation n’était pas justifiée ; elle n’a pas été retenue et va être annulée. Le colonel de la gendarmerie du Tarn a appelé la famille et s’est excusé."

"Elle le faisait tous les jours pour aider mon père à ne pas se sentir abandonné"

Hedwig s’est quant à elle dite soulagée : "ça va mieux parce que la semaine dernière, ça m’a fait un choc. L’amende ne m’a pas fait plaisir parce que je ne roule pas sur l’or." Avant de préciser : "mais pour moi, le principal, c’est de continuer à voir mon mari."

Sur son ardoise, elle avait écrit quelques mots pour son époux. "Elle le faisait tous les jours, quelques minutes, depuis le début du confinement des Ehpad, pour aider mon père à ne pas se laisser glisser dans son monde, à ne pas se sentir abandonné", avait expliqué la fille du couple

Une poignée de proches d’autres résidents faisaient de même, profitant de ce que l’Ehpad soit entouré d’une pelouse non délimitée donnant accès aux fenêtres, a-t-elle ajouté, soulignant : "Maintenant ma mère n’ose plus y aller, notre inquiétude est que mon père ne tienne pas le coup", alors que son état rend difficile les communications par Internet, a souligné Mme Boghossian. 

"C’est vrai que dans certains cas il y a le risque que des résidents ouvrent les fenêtres à la vue de leurs proches, mais l’Ehpad ne pourrait-il pas y veiller", s’est-elle interrogée. 

Selon elle, le personnel de l’Ehpad, où sa mère travaillait comme bénévole avant le confinement, ne s’était dans un premier temps pas opposé à ces "rencontres" confinées.  

Konbini news avec AFP

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