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La "vanlife" séduit de plus en plus de couples malgré la pandémie

Publié le

par Clothilde Bru

© lncreativemedia / Getty Images

Ils sont de plus en plus nombreux à partager leur quotidien sur Youtube.

Ils s’appellent Bob, Michel, Bubulle ou encore Helmut, et ces fourgons et camping-cars sont des stars des réseaux sociaux.

Les vidéos mentionnant "camping-car" dans leur titre ont cumulé plus de 25 millions de vues en 2020, en forte augmentation par rapport à 2019. Des vlogs aux tutoriels en passant par les questions-réponses, les youtubeurs spécialisés séduisent de plus en plus de curieux.

Hélène et Denis se sont lancés sur YouTube en même temps que sur les routes, en septembre 2020. "Au début du confinement, comme beaucoup, on n’avait pas grand-chose à faire, on est tombé sur des youtubeurs partis faire un tour d’Afrique en van et ça nous a inspirés", explique Hélène, kinésithérapeute et mordue de sport de 31 ans.

Le couple, appelé "Crazy Trotters" sur les réseaux sociaux, a vu un véritable engouement autour de la "vanlife", la vie en camion aménagé.

Rattrapés par la pandémie

"Avec le confinement, il n’y avait plus moyen de louer ou d’acheter. Ce qu’on cherchait partait comme des petits pains", raconte Denis, 53 ans et gérant d’une entreprise de transport à Tours. "Je pensais qu’un budget de 20 000 euros suffirait mais, après trois visites de van, je me suis rendu compte des prix", poursuit-il.

Deux mois de recherches et 45 000 euros plus tard, le couple franco-belge installé en Suisse fait l’acquisition d’Helmut, un gros 4x4 Land Rover avec une cellule aménagée, dans l’idée de rejoindre le continent africain.

Après quatre mois en Europe, la pandémie les rattrape : "On n’a pas pu aller plus loin que Gibraltar", regrette Hélène qui avait pris une année sabbatique pour voyager.

Le Covid-19 est aussi venu perturber le projet prévu de longue date d’Ophélie et Thomas, connus sur YouTube en tant que "Graouh Vanlifers".

"Quand le confinement est tombé en France, nous prenions le bateau pour l’Angleterre. Trois jours après, le confinement arrivait là-bas aussi. On s’est alors confiné dans une ferme au nord du pays de Galles où on a fait du woofing [travail agricole contre hébergement, ndlr] pendant trois mois", résume Ophélie.

Pour leur van, surnommé Bob, les deux voyageurs ont déboursé 10 000 euros avec la volonté de tout faire par eux-mêmes. "On est parti d’un van complètement nu en août 2019" et son aménagement "n’a été fait qu’avec des tutoriels YouTube", racontent Thomas et Ophélie qui ont achevé les travaux en mars 2020.

Le faire soi-même

"Faire son van, c’est déjà le début de l’aventure", lance Steve, de la chaîne YouTube "The Vagabonds". Avec sa compagne Allison, ils ont décidé en 2018 de se tourner vers le van pour réaliser un tour du monde. "Plutôt que d’aller d’hôtel en hôtel, le van permet de rentrer à la maison qu’importe où l’on se trouve", explique Steve, depuis le Mexique.

Après quelques recherches, ils découvrent que de nombreux "vanlifers" se tournent vers d’anciennes ambulances pour les transformer en véritable maison à quatre roues. "Après dix ans de service, une ambulance ne peut plus être utilisée et dedans il y a déjà l’isolation, le circuit électrique et parfois même un circuit d’eau", développe Steve. Le couple a inspiré certains de ses 15 000 abonnés sur YouTube. "Beaucoup ont acheté la même ambulance que nous, on reçoit de nombreuses questions", dit Allison.

Ce vivier d’informations est relativement récent. "Je n’avais aucune idée à l’époque qu’on pouvait entièrement faire son van en bricolant soi-même", explique Stéphane Douteau, ancien caméraman parisien devenu freelance nomade en 2017.

À 40 ans, il décide de changer radicalement de vie, se sépare de son bien parisien et de son travail pour devenir youtubeur dans son van Michel.

Avec trois étés sur les routes à son actif, il garde un souvenir mitigé de 2020, où il a constaté une présence de vans plus importante. "Forcément avec le confinement, tout le monde s’est lâché et des endroits en pleine nature devenaient des aires de camping-cars. C’est un phénomène de mode dont je fais partie parce que je transmets cette envie aussi", dit-il.

"La notion de liberté en van est incomparable, mais c’est aussi fatigant de voyager", admet Stéphane Douteau qui cherche désormais un pied-à-terre pour "continuer à voyager sous une autre forme".

Konbini news avec AFP

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