© Olivier MORIN / AFP

La SPA réclame une dérogation pour adopter un animal pendant le confinement

Les refuges sont saturés. Sans adoption, des milliers d'animaux vont être euthanasiés.

Et si, sur l’attestation de déplacement dérogatoire, on ajoutait une case permettant d’aller adopter un animal à la SPA ? C’est le souhait de son président, Jacques-Charles Fombonne, qui a alerté le gouvernement sur la situation des refuges ce mardi 7 avril sur Franceinfo :

"Avec le confinement, les gens ne peuvent plus sortir de chez eux pour venir adopter nos animaux. Ce qui veut dire que nos refuges se remplissent. On est maintenant quasiment en capacité complète, proche de la saturation. Lorsque nous ne pourrons plus accueillir d’animaux, les fourrières vont les euthanasier, parce qu’elles ne pourront plus nous les proposer."

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Et d’ajouter : "C’est comme un réservoir qui se remplit et qui ne se vide pas." Cette image prend tout son sens lorsqu’il égrène les chiffres de son association. Chaque mois, les réseaux de la SPA recueillent 3 500 bêtes. Sur les quelque 62 refuges qui émaillent le territoire français, il ne reste aujourd’hui que "300 à 400 places", affirme-t-il.

Nathalie Joly dirige une de ces structures à Velaine-en-Haye, en Meurthe-et-Moselle. Interrogée par France 3 Régions, elle soulève un autre problème :

"En temps normal, c’est la période de stérilisation des chattes errantes. Si rien n’est fait, en un mois de confinement, on va se retrouver avec énormément de chatons sauvages, il y a donc aussi des conséquences sur le long terme."

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Une urgence et plusieurs scénarios possibles

Jacques-Charles Fombonne a fait part de ses inquiétudes au gouvernement depuis plusieurs jours. "Nous attendons toujours une instruction du ministère de l’Agriculture pour obtenir cette dérogation", a-t-il confié à l’AFP.

Pourtant, il a déjà tout prévu pour que ces adoptions respectent les mesures de précaution nécessaires à la lutte contre le coronavirus.

"Nous avons mis au point un processus de choix des animaux sur Internet. Les gens choisissent leur animal, prennent un rendez-vous individualisé et horodaté, de façon à ce qu’ils soient les seuls à la porte du refuge. On leur présente l’animal, on leur donnerait l’animal, sans qu’il y ait de contact entre les salariés et la personne. Ensuite, nous régulariserions l’ensemble des dispositions lorsque le confinement serait terminé", a-t-il détaillé sur Franceinfo.

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D’autant qu’il faut le rappeler : il n’y a pas de contamination entre les hommes et les animaux domestiques.

Autre piste proposée par le directeur de la SPA : réaliser les adoptions un jour par semaine et "en présence de la direction de la protection des personnes, ce qui permettrait à l’État de contrôler que nous faisons les choses comme il faut, de façon sécurisée."

Et de conclure : "On ne prend pas la place des humains, ce n’est pas parce que l’on va sauver des animaux que l’on va condamner les hommes à ne pas être soignés."

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Par Clothilde Bru, publié le 07/04/2020