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La plainte de Boubacar, médiateur brutalisé par la BAC, a été classée sans suite

Publié le

par Clothilde Bru

© Konbini news

"Les violences n’apparaissant pas caractérisées au terme de l’enquête approfondie."

C’était il y a presque deux ans. Boubacar Dramé acceptait de prendre la parole, face caméra, pour raconter l’injustice dont il a été victime. Son témoignage, appuyé par un enregistrement vidéo, a été visionné plusieurs millions de fois.

Et pour cause. Médiateur dans la ville de Gennevilliers, le jeune homme alors âgé de 31 ans a été injustement arrêté et violenté par trois policiers de la BAC.

"Ce jour-là, ils allaient me tuer", se souvient Boubacar Dramé, interrogé par Konbini news. Visage à terre, un genou sur la tête, coups, clefs enfoncées dans le sternum, écrasement des testicules : ce 13 juin 2019 a laissé des traces indélébiles dans sa vie.

Atteint d’un syndrome post-traumatique, il devra changer de travail pour continuer à vivre.

Pour rappel, il venait alors en aide à une mère qui avait perdu son enfant. Il sera relâché vingt minutes après son arrivée au commissariat sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

"Je n’ai pas le droit de vivre"

En octobre 2019, le jeune homme décide de déposer plainte à l’IGPN, rassuré par le fait de déposer plainte auprès de policiers qui n’ont rien à voir avec son histoire.

Deux ans plus tard, le couperet tombe. Grâce à un courrier sollicité par la députée PCF Elsa Faucillon, que Konbini news a pu consulter, Boubacar Dramé apprend que sa plainte a été "classée sans suite le 30 avril 2021, les violences n’apparaissant pas caractérisées au terme de l’enquête approfondie qui a été effectuée."

Le jeune homme, qui n’a, à ce jour, reçu aucune notification de cette décision, tombe des nues. '''Violences pas caractérisées ?' Sur les images, on les voit m’étrangler", s’indigne le jeune homme.

Ce dernier est bien décidé à faire appel :

"Je ne lâche pas, mais ça me dégoûte. Je me rends compte que le système les protège. On nous parle de 'liberté, égalité, fraternité', mais moi je sais que je n’ai pas le droit à ça. Ils ont dit qu’ils ne m’ont rien fait de violent, ça revient à dire que je n’ai pas le droit d’exister, je n’ai pas le droit de vivre."

S’il reste combatif, cette décision représente une nouvelle forme de violence : "Là, j’ai l’impression de faire partie d’une catégorie de population qui n’a pas le droit à la justice. Pour moi, il n’y a pas de présomption d’innocence. Je suis coupable jusqu’à preuve du contraire."

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