(© Jiji Press/AFP)

Le Japon va-t-il déverser l'eau radioactive de Fukushima dans l'océan dès 2022 ?

Le ministre de l'Environnement japonais a été désavoué après avoir présenté ce projet comme inévitable.

Après le séisme et le tsunami de 2011, la société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a stocké dans les réservoirs du site dévasté plus d’un million de tonnes d’eau radioactive provenant des conduites de refroidissement utilisées pour empêcher la fonte du combustible. Mais elle estime que ces citernes seront pleines d’ici 2022 et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) presse le gouvernement japonais d’agir. Dans quel sens ?

"La seule option sera de drainer [l’eau radioactive] vers la mer et de la diluer", a déclaré le ministre de l’Environnement, Yoshiaki Harada, ce mardi 10 septembre – avant de préciser qu’il ne faisait que donner son "simple avis", et d’être néanmoins blâmé par sa hiérarchie. 

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Le porte-parole de l’exécutif, Yoshihide Suga, a qualifié de "personnels" les propos du ministre, qui fait par ailleurs partie des personnalités qui devraient quitter l’équipe du Premier ministre Shinzo Abe ce mercredi 11 septembre, à l’occasion d’un remaniement ministériel prévu de longue date.

Une hypothèse ouvertement envisagée depuis des années

Comme le souligne l’AFP, Yoshiaki Harada n’a pourtant "rien dit de bien nouveau". Rejeter à la mer le million de tonnes d’eau pompée dans les installations radioactives de Fukushima et conservée dans des citernes sur le site est une hypothèse ouvertement envisagée depuis des années.

Dès 2014, l’AIEA a conseillé l’option "du rejet contrôlé en mer". En 2016, une commission d’experts mandatés par le ministère japonais de l’Industrie (Meti) a conclu que cette option était "la plus rapide et la moins onéreuse". Selon elle, il faudrait 7 ans et 4 mois pour se débarrasser de l’eau radioactive dans l’océan après dilution, pour un coût évalué à 3,4 milliards de yens (28 millions d’euros), alors que les autres techniques coûteraient de 10 fois à 100 fois plus pour une durée allant de 8 à 13 ans.

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Pour l’instant, il n’a pas été décidé de diluer l’eau radioactive en mer parce que ses concentrations en tritium restent au-delà des normes, a précisé récemment à l’AFP un fonctionnaire du ministère de l’Industrie. "L’eau a besoin de satisfaire les standards" internationaux avant d’être éventuellement rejetée à la mer, a souligné cette source. L’eau non conforme va donc continuer à être filtrée pour l’instant.

Des tensions avec les pays voisins

Mais la décision de diluer cette eau dans la mer pourrait provoquer des tensions avec les pays voisins, comme la Corée du Sud, qui a convoqué en août dernier un diplomate de l’ambassade du Japon à Séoul afin de lui demander des comptes sur la manière dont Tokyo entend gérer la question des eaux radioactives.

Depuis 2016, une commission gouvernementale japonaise examine l’hypothèse en s’interrogeant sur les dommages collatéraux pour l’image du Japon et l’impact sur les secteurs de la pêche et de l’agriculture.

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Konbini News avec l’AFP

Par Camille Hamet, publié le 10/09/2019

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