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La France teste : payer des femmes enceintes pour qu'elles arrêtent de fumer

C'est l'expérience qui est menée dans plusieurs maternités de l'Hexagone.

Payer des femmes enceintes pour qu’elles arrêtent de fumer. C’est très sérieux. Et c’est expérimenté en ce moment même à Brest, Paris, Pau ou encore Nantes. 

En France, environ 16 % des femmes fument encore au troisième trimestre de leur grossesse (à partir du 7e mois), rapporte 20 minutes qui s’interroge sur ce nouveau dispositif dissuasif. Ce chiffre peut drastiquement varier selon les régions. Par exemple, il chute à 11 % en Île-de-France, et il culmine à 28 % en Bretagne. C’est le taux le plus élevé de France, confirme Ouest-France.  

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Un colloque était donc organisé mardi 28 janvier à Rennes, afin de faire le point sur la situation. Martine Breton, sage-femme au CHU de Brest, fait partie des médecins à avoir mené cette expérimentation, précise le site d’informations national.

Le principe est simple : proposer aux femmes enceintes une rémunération pour qu’elles arrêtent de fumer. Dans la pratique, les médecins testent le taux de monoxyde de carbone dans leurs poumons à chaque consultation afin de vérifier la prégnance de leur engagement. Si c’est tout bon, elles reçoivent un bon d’achat de 20 euros. 

Est-ce que ça marche ?

C’est l’APHP qui a lancé cette expérimentation dès l’année 2016 auprès d’une quinzaine de maternités, comme le rappelle France Info. Interrogée par 20 minutes, Martine Breton évoque le cas d’une patiente qui fumait un paquet de cigarettes et cinq à six joints par jour : 

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"C’était dur mais elle a tenu […] et à la fin de l’étude, elle a pu s’acheter une machine à laver. C’était ça qu’elle voulait, c’est ce qui la motivait."

"Le fait de bénéficier d’un chèque-cadeau de 20 euros à chaque consultation honorée a renforcé la motivation des patientes reçues en consultation", confirme-t-elle dans les colonnes de Ouest-France

Avant de voir cette méthode étendue au reste de la France, il faudra attendre ses résultats officiels en juin prochain.

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Mais d’autres pays avant nous se sont intéressés à cette forme un peu spéciale de thérapie. En Écosse par exemple, les résultats sont plutôt positifs, selon une étude menée en 2015 sur 600 femmes. Une femme enceinte à qui on proposait des bons d’achat avait deux fois plus de chances d’arrêter de fumer, qu’une femme enceinte à qui on proposait un kit d’arrêt normal. 

Comme le rappelle Santé Publique France, fumer pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche, de grossesse extra-utérine et d’accouchement prématuré. La cigarette peut également entraîner un retard de développement du fœtus, un plus petit poids du bébé à la naissance, une réduction des capacités scolaires et cognitives ou encore des malformations congénitales.

Par Clothilde Bru, publié le 29/01/2020