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La France réalise sa deuxième exfiltration depuis Kaboul, embarquant 184 Afghans

Publié le

par Pauline Ferrari

© AFP

L’avion a rejoint dans la nuit les Émirats arabes unis, où la France dispose d’une base militaire.

Une grande partie des personnes réfugiées à l’ambassade de France à Kaboul sont désormais en lieu sûr après l’évacuation dans la nuit par l’armée française de 216 personnes, dont 184 Afghans, attendues à Paris dans la journée. La France a également rapatrié dans cette rotation aérienne quatre Néerlandais, un Irlandais et deux Kenyans.

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, a annoncé dans un communiqué la seconde rotation d’un A400M entre Kaboul, en proie au chaos depuis la prise de pouvoir des talibans dimanche, et Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, où la France dispose d’une base militaire.

Aux Afghans "de la société civile en besoin de protection" s’ajoutent 25 Français, soit "une grande partie des personnes, de nationalité française comme afghane, qui s’étaient réfugiées au sein du bâtiment de l’ambassade de France à Kaboul", a précisé le patron de la diplomatie française.

Selon l’État-major des armées, un avion de transport de troupes "A330 Phénix a également décollé de métropole cette nuit pour rejoindre les Émirats arabes unis". Il est attendu à Paris dans la journée avec les rapatriés, selon un tweet de la ministre des Armées Florence Parly. "À nos armées, policiers et équipes diplomatiques qui organisent ces opérations sensibles, merci. On continue", a tweeté le président Emmanuel Macron.

"C’est la fierté de la France de pouvoir accueillir la société civile afghane"

"Cette opération, qui permet la mise en protection d’Afghanes et d’Afghans qu’il était impératif de protéger, est la réussite d’un important travail collectif", s’est réjoui de son côté le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. "C’est la fierté de la France de pouvoir accueillir la société civile afghane qui lutte pour la liberté, comme elle l’a déjà fait en rapatriant ces dernières semaines les agents locaux de l’ambassade et leurs familles", a-t-il ajouté.

Mardi, 41 ressortissants français et étrangers avaient déjà été exfiltrés de Kaboul par la France, grâce au pont aérien mis en place après la prise de pouvoir par les talibans dimanche. Ces personnes sont arrivées mardi, aux alentours de 17 h 30, à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, dans un A310 de l’armée française, après une escale à Abu Dhabi. Tous les passagers devaient passer des tests de dépistage du Covid-19 et subir des vérifications sanitaires. L’opération d’exfiltration, baptisée Apagan, mobilise deux avions de l’armée de l’air sur le tronçon Émirats-Kaboul et deux autres pour les vols entre les Émirats et la France.

Évoquant les scènes de panique dans la capitale et le chaos qui règne à l’aéroport, Mme Parly avait réitéré mardi que la France ferait "tous les efforts possibles pour assurer l’évacuation de ses ressortissants et de ses auxiliaires". Rien n’a encore été annoncé concernant l’accueil de réfugiés afghans, alors que lundi soir, le président Emmanuel Macron avait parlé de devoir "anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants", phrase qui avait créé la polémique.

La France souhaite encore rapatrier "quelques dizaines" d’Afghans

"Tous les efforts, cela veut dire qu’il faut aussi surmonter des obstacles très importants parce que concrètement, il est très difficile de rejoindre l’aéroport de Kaboul aujourd’hui", avait fait valoir Florence Parly. "Ce sont des difficultés pratiques, logistiques."

Interrogée sur la question d’une négociation ouverte avec les talibans, elle avait répondu : "Je ne veux pas compromettre les chances d’une deuxième, voire troisième opération d’évacuation […] Nous serons présents autant qu’il sera nécessaire, tant que ces opérations resteront possibles." La France souhaiterait rapatrier encore "quelques dizaines" d’Afghans ayant collaboré avec l’armée française, avait ajouté la ministre sur BFMTV, précisant que "tous les canaux de discussion" étaient activés pour y parvenir.

Lundi, la situation à l’aéroport de Kaboul avait empiré au point que tous les vols, civils et militaires, avaient dû être suspendus pendant plusieurs heures. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des scènes d’anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d’un avion de transport militaire américain en phase de décollage, pendant que certaines tentaient de s’y accrocher.

Selon l’Élysée, près de 800 Afghans ont été accueillis sur le sol français, dans le cadre du "devoir" de protection, entre 2001 et 2014. Par ailleurs, entre mai et juillet 2021, 625 personnes ayant travaillé pour l’ambassade de France à Kaboul (employés et familles compris) sont arrivées en France, selon la même source.

Konbini news avec AFP

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