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Jérusalem-Est : Amnesty International dénonce un "usage illégal de la force" par Israël

Publié le

par Astrid Van Laer

10 mai 2021. © REUTERS / Mussa Qawasma

L’ONG fustige des mesures "disproportionnées et illégales" et des "attaques non justifiées contre des manifestants pacifiques".

Mardi, Amnesty International a dénoncé un "usage illégal et abusif de la force" par Israël contre des manifestants palestiniens, "en grande partie pacifiques", lors de heurts à Jérusalem-Est qui ont blessé des centaines de Palestiniens et des dizaines de policiers.

De son côté, Israël a fermement défendu la conduite de ses officiers, affirmant qu’ils ripostaient aux "violents émeutiers" par des mesures appropriées. Mais le groupe de défense des droits de l’Homme basé à Londres a qualifié certaines de ces mesures de "disproportionnées et illégales", accusant les forces de sécurité israéliennes "d’attaques non justifiées contre des manifestants pacifiques".

Le communiqué d’Amnesty est intervenu dans un contexte de regain de tension inédit depuis des années à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville sainte annexé par Israël depuis plus de 50 ans.

Lundi, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, et dans d’autres secteurs de Jérusalem-Est.

La police israélienne a fait usage de grenades assourdissantes, de balles en caoutchouc, de gaz lacrymogènes et de canons à eau putride contre des Palestiniens qui lançaient des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice sur les policiers. Selon Amnesty, Israël a utilisé une force excessive pendant plusieurs semaines de manifestations à Jérusalem-Est.

"Tenir Israël pour responsable de ses violations systémiques"

L’ONG cite notamment la dispersion la semaine dernière par les forces israéliennes d’un rassemblement pacifique de Palestiniens scandant contre une tentative de la part d’Israéliens de les expulser de leurs maisons dans le quartier de Cheikh Jarrah.

Des forces à cheval ont foncé sur la foule, piétinant un homme qui tentait de s’enfuir, précise Amnesty. Le groupe de défense des droits de l’Homme a appelé la communauté internationale "à tenir Israël pour responsable de ses violations systémiques".

Sans réagir à ces allégations en particulier, la police israélienne a déclaré à l’AFP dans un courrier électronique : "Nous n’autoriserons pas de trouble à l’ordre, qui porte atteinte au tissu de la vie et incite à nuire aux forces de police et à la violence contre policiers et civils."

"Nous avons fait preuve de trop de retenue" à Jérusalem ces derniers jours, a déclaré lundi le commissaire de police Kobi Shabtai à la chaîne israélienne N12. Israël se prépare à "enlever les gants", a-t-il prévenu.

Les violences dans la Ville sainte se sont doublées lundi soir par l’échange de centaines de tirs entre Israël et les groupes armés de Gaza faisant plus de 20 morts dans l’enclave palestinienne dont neuf enfants selon les autorités sanitaires locales.

L’ONG Save the Children, également basée à Londres, s’est dite "horrifiée" par les raids aériens israéliens, appelant à cesser "de cibler et tuer des civils sans discernement". Le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus a pour sa part indiqué qu’Israël "faisait tout son possible pour limiter les dommages collatéraux".

Konbini news avec AFP

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