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Jean Castex "assume totalement" la désignation de Gérald Darmanin à l'Intérieur

Publié le

par Astrid Van Laer

Jean Castex le 3 juillet 2020. © Ludovic Marin / AFP

"Vraiment, j'assume totalement cette désignation, il a le droit comme tout le monde a la présomption d'innocence", a-t-il martelé.

Jean Castex était invité de BFMTV ce matin. Lors de sa prise de parole, le nouveau Premier ministre est revenu sur la promotion décriée de Gérald Darmanin en tant que successeur de Christophe Castaner au ministère de l’Intérieur. Ce dernier est, on le rappelle, visé par une accusation de viol en 2009, accusation au sujet de laquelle des investigations sont en cours.

Depuis l’annonce de sa nomination place Beauvau, les critiques fusent. La militante féministe Caroline de Haas s’interrogeait notamment hier : "comment allons-nous porter plainte alors que le ministre de l’Intérieur est lui-même visé par une plainte pour viol ?"

Selon la créatrice du collectif Nous Toutes, "en nommant à la tête de l’institution censée recueillir les plaintes des femmes victimes, Gérald Darmanin, visé par une enquête pour un crime sexuel, Emmanuel Macron dit aux femmes de se taire."

Invité à répondre aux critiques et inquiétudes, le chef du gouvernement a rétorqué : "Vraiment, j’assume totalement cette désignation, il a le droit comme tout le monde a la présomption d’innocence. Laissez faire, laissez faire."

"M. Darmanin bénéficie complètement de la présomption d’innocence"

Il a également confirmé ce qu’un membre de l’entourage du président à l’Élysée avait avancé hier, à savoir que les accusations et la plainte pesant sur le nouveau ministre n’étaient "pas un obstacle" à la promotion d’un ministre "qui aspirait à plus", expliquant : 

"D’abord parce que, vous le savez, il y a déjà eu sur ces mêmes faits des actes d’instruction qui ont été clairement des actes de rejet et d’autre part parce que M. Darmanin bénéficie complètement de la présomption d’innocence. Voilà. Et je vous le répète : c’est un sujet parmi bien d’autres avec lequel je ne transige pas."

Il s’est également exprimé au sujet de la nomination controversée d’Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice. À ce propos, le chef du gouvernement a expliqué : "le Premier ministre propose, le président de la République dispose. C’est un choix commun", avant d’ajouter : "C’est le président de la République qui a eu l’idée, je l’ai reçu et j’ai fait cette proposition parce que c’est un homme qui m’est apparu formidable."

Il l’a qualifié de "garde des Sceaux haut en couleur, solide, costaud", affirmant qu’il n’était pas là "pour s’en prendre aux magistrats". "On l’a nommé pour défendre la justice, pour porter les couleurs de la Justice au sein de l’appareil d’État et lui redonner ses moyens et sa crédibilité", a-t-il assuré, promettant également une augmentation du budget de la justice. Une annonce qui ne manquera probablement pas de lui être rappelée dans les mois à venir.

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