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Italie : une prime mensuelle sera versée pour relancer la natalité

Publié le

par Pauline Ferrari

© Marco_Piunti / Getty Images

Une aide à hauteur de 250 euros par enfant, dès le 7e mois de grossesse.

La décision a été votée par le Sénat italien en début de semaine : dès le mois de juillet, une allocation mensuelle de 250 euros par enfant sera versée, afin d’encourager la population italienne à faire des enfants. Cette somme sera versée dès le 7e mois de grossesse et jusqu’aux 21 ans de l’enfant.

Parmi les conséquences de la pandémie de Covid-19, la chute de la natalité dans de nombreux pays, et notamment ceux ayant déjà une natalité au ralenti : l’Italie, avec 1,3 enfant par famille en moyenne, est l’un des pays avec le taux de fécondité les plus bas au monde. Et la population diminue : les 400 000 naissances par an ayant été contrebalancées par plus de 750 000 morts en 2020. Ce déséquilibre au sein de la population fait peser un poids lourd sur l’économie, avec moins d’actifs et davantage de retraites à payer.

Néanmoins, ce “chèque natalité” n’est pas une solution miracle, selon le chercheur Gilles Pison, interrogé par France Info. Pour le chercheur associé à l’Ined (Institut national des études démographiques), il ne suffira pas à inverser la courbe à long terme, la fécondité étant déjà faible depuis une trentaine d’années dans les pays d’Europe du Sud.

Le partage des tâches, solution à la baisse de natalité ?

Selon le chercheur, le déficit de natalité s’explique par un manque d’investissement des gouvernements dans des politiques familiales, et pas uniquement financières. La conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, particulièrement difficile pour les femmes, le serait encore plus dans les pays du sud de l’Europe. Pour Gilles Pison, les politiques familiales visent également à une meilleure répartition des tâches domestiques entre hommes et femmes, et de fait faciliteraient l’accueil d’un nouvel enfant dans la famille.

Les inégalités en matière de répartition des tâches domestiques conduiraient également à un écart entre le nombre d’enfants désirés… et ceux réellement nés. En 2018, Laurence Charton, sociologue à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) au Québec, s’était penchée sur le lien entre fécondité et partage des tâches domestiques. Selon elle, les inégalités de répartition des tâches, en plus de retarder l’entrée dans la maternité, pourraient conduire les femmes à repenser leur désir initial d’avoir plusieurs enfants, avec la peur que ces inégalités se creusent.

En 2020, seuls 740 000 bébés sont nés en France : le chiffre n’avait jamais été aussi bas depuis 1945. Mais au niveau de l’Union européenne, la France reste la championne de la fécondité, avec 1,87 enfant par femme en 2018 devant la Suède et la Roumanie (1,76), puis l’Irlande (1,75).

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