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Isère : mobilisation contre l'expulsion de Lydia, aide-soignante en Ehpad

Publié le

par Astrid Van Laer

Image d’illustration. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

"Il n'y a pas plus intégrée que Mme Veyrat et c'est une salariée modèle."

"Incompréhensible" : Lydia Veyrat travaille depuis un an et demi dans un Ehpad en Isère, département sous tension en cette période de pandémie de Covid-19, et se bat pour rester en France alors qu’elle est menacée d’expulsion.

Cette ressortissante béninoise âgée de 37 ans était venue en France en mai 2019 après le décès de son mari français avec qui elle vivait au Bénin, pour liquider la succession en Savoie, d’où il était originaire. Dans cette attente, l’infirmière a décroché un CDD comme aide-soignante dans un Ehpad à Pontcharra, dans l’Isère, dès juillet, qui s’est transformé en CDI en octobre 2020.

Sa demande de renouvellement de titre de séjour lui a été refusée par la préfecture de la Savoie, département où elle réside, assortie d’une obligation à quitter le territoire en septembre parce qu’elle "ne justifiait d’aucune insertion particulière dans la société française". Et lundi, son recours devant la justice administrative a été rejeté.

"L’Ehpad du Granier a attesté par écrit qu’ils avaient besoin d’elle ! Le préfet dit au tribunal qu’il ne connaissait pas l’ensemble des éléments du dossier de cette personne mais ne dit pas non plus qu’il va revoir son dossier", a déploré son avocat Didier Besson auprès de l’AFP.

"Une situation incompréhensible"

L’avocat a saisi le ministre de l’Intérieur et compte aussi faire appel de la décision du Tribunal administratif de Grenoble. "C’est une situation incompréhensible, a renchéri une de ses supérieures de l’Ehpad. Elle parle parfaitement français, a un CDI, sa belle-famille, ses collègues et ses amis ici : il n’y a pas plus intégrée que Mme Veyrat et c’est une salariée modèle."

"Lors de la 1re et la 2e vague, nous avons manqué de personnel et Lydia n’a pas manqué un seul jour et a même fait des heures supplémentaires", a-t-elle ajouté.

Lydia Veyrat s’enorgueillit d’ailleurs d’avoir reçu la prime Covid de 1 000 euros pour son investissement au printemps. "J’ai trouvé du travail, signé un contrat d’intégration républicaine, je passe mon permis et je veux reprendre mes études pour redevenir infirmière", a confié la jeune femme à l’AFP.

"Je n’ai plus rien chez moi, j’ai tout recommencé à zéro ici, ma belle famille m’accompagne, elle me soutient. Cette décision est en train de me détruire, je vois mon avenir en danger", a-t-elle ajouté.

"Elle est, depuis des mois, en première ligne contre l’épidémie

Le président LR de l’Isère, Jean-Pierre Barbier, a également écrit un courrier à la préfecture de la Savoie pour soutenir Mme Veyrat, alors que le département vient de lancer un appel à volontaires pour renforcer ses Ehpad en difficulté.

En plus de ses collègues, de ses proches et de la région, Lydia Veyrat peut compter sur le soutien des internautes car en ligne, la mobilisation continue avec force sous la forme d’une pétition sur Change.org. Celle-ci a déjà recueilli plus de 12 500 signatures.

Dans les commentaires, on peut lire des messages tels que : "Au vu du parcours de cette dame, de son implication et de son dévouement dans le contexte que nous connaissons, toutes choses par surcroît dûment attestées par ses collègues, la question ne devrait même pas se poser", ou encore : "Solidaire avec Lydia Veyrat menacée d’expulsion, au prétexte qu’elle n’aurait pas fait la preuve de son insertion dans la société, alors que, comme tant d’autres, elle est, depuis des mois, en première ligne contre l’épidémie."

Konbini news avec AFP

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