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Inde : une mystérieuse maladie affecte des centaines de personnes dans le sud du pays

Publié le

par Astrid Van Laer

Image d’illustration. © Dheeraj Dhawan/Hindustan Times via Getty Images

Elle peut causer "une crise d'épilepsie, une perte de mémoire, de l'anxiété, des vomissements, des maux de têtes et de dos".

Des métaux lourds comme le plomb et le nickel ont été découverts dans le sang des victimes d’une mystérieuse maladie apparue samedi dans une ville du sud de l’Inde, affectant plus de 500 personnes, ont annoncé mardi les autorités.

Le gouvernement a dépêché une équipe médicale composée d’experts de l’Institut national de virologie, du Centre national de contrôle de maladies et de l’Institut des sciences médicales des Indes à Eluru, dans l’État de l’Andhra Pradesh pour enquêter sur cette maladie apparue samedi dernier. Un homme est décédé après avoir présenté des convulsions, des nausées et des douleurs.

Au total, 555 personnes ont été admises dans les hôpitaux depuis samedi, dont 80 mardi, a-t-on indiqué de source hospitalière. Un hôpital a réservé 100 lits pour les victimes de la mystérieuse maladie, mais la plupart ont pu regagner leurs domiciles.

Des échantillons de sang prélevés sur dix personnes ont révélé des taux élevés de plomb et de nickel, a déclaré le directeur de l’hôpital d’Eluru, A. V. Mohan.

Les autorités de l’État de l’Andhra Pradesh ont ordonné une enquête sur l’origine de la présence de ces métaux lourds dans l’organisme des malades. Cependant, a relevé A. V. Mohan, les échantillons sont trop peu nombreux pour affirmer avec certitude que le plomb et le nickel ont causé cette maladie qui s’est répandue dans la ville de 200 000 habitants.

Des "blessures à la tête" ou "un œil au beurre noir"

Il n’y a pas d’usines importantes dans la région, et des analyses de l’eau et même des boissons lactées ont été faites. Les experts ont également recueilli des échantillons de riz et d’huile de cuisine, ainsi que des échantillons d’urine, pour qu’ils soient analysés. Certains responsables locaux ont évoqué le rôle éventuel d’additifs chimiques dans les pesticides.

"Certains pensent qu’il s’agit d’une hystérie de masse, mais ce n’est pas le cas", a déclaré A. S. Ram, médecin chef à l’hôpital gouvernemental d’Eluru, assurant que la plupart des personnes hospitalisées avaient montré de véritables symptômes.

"La plupart des patients arrivent avec des petites blessures à la tête ou un œil au beurre noir, après s’être soudainement évanouis. Mais en une ou deux heures, la plupart d’entre eux vont mieux, a-t-il précisé. Toutefois, nous sommes incapables de diagnostiquer ce qui provoque ces symptômes."

Le policier Kiran Kumar, qui a perdu connaissance lundi alors qu’il était en service, s’est dit "effrayé" d’être resté à demi-conscient pendant plus de deux heures. "Mes collègues m’ont dit que j’ai crié quelque chose avant de me m’effondrer. Je me suis blessé à l’épaule droite en tombant sur la route", a-t-il raconté. 

L’Inde, confrontée comme le reste du monde à la pandémie de Covid-19, se classe au deuxième rang mondial en nombre de contaminations avec près de 10 millions de cas. Cette affaire n’a fait qu’augmenter la tension psychologique.

Konbini news avec AFP

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