Quimper, le 14 novembre 2019. © Fred TANNEAU / AFP

Hôpital : appel à une "grève illimitée" des internes en décembre

Indispensables au fonctionnement des hôpitaux, les internes travaillent "en moyenne 55 heures par semaine".

Les internes en médecine sont appelés à une grève illimitée à partir du 10 décembre pour dénoncer la "dégradation des soins" et réclamer une amélioration de leur statut, a annoncé lundi leur principal syndicat, deux jours avant la présentation d’un "plan d’urgence" pour l’hôpital.

Une journée de grève est également prévue le 30 novembre pour leur permettre de rejoindre la manifestation nationale annoncée par le collectif Inter-Hôpitaux, déjà à l’origine d’une vaste mobilisation jeudi, précise l’InterSyndicale Nationale des Internes (Isni) dans un communiqué.

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Remontés contre le budget de la sécurité sociale pour 2020, qui "correspond à une nouvelle restriction budgétaire de l’assurance maladie" et fait "supporter les "'mesures gilets jaunes' par le déficit de la Sécu", les internes "demandent des mesures d’urgence", écrit l’Isni, qui revendique 10 000 adhérents parmi les 27 000 internes de France, au lendemain d’une assemblée générale extraordinaire.

Rappelant son "soutien aux revendications légitimes […] portées notamment par le collectif Inter-Urgences", à l’origine d’une grève inédite de 8 mois aux urgences, l’Isni réclame ainsi un objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam, qui sert à limiter leur augmentation naturelle) en hausse de 4,4 %, contre 2,3 % prévus, et une "reprise de la dette des hôpitaux par l’État".

Il exige aussi des mesures propres au "statut de praticien en formation" des internes, parmi lesquelles un "décompte horaire" et non en demi-journées du temps de travail, "un paiement des heures supplémentaires", "une revalorisation des indemnités de garde" ou encore un "investissement de fonds publics" dans la formation.

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"Si nos revendications sont entendues, on pourra retirer l’appel à la grève"

Indispensables au fonctionnement des hôpitaux, les internes travaillent "en moyenne 55 heures par semaine", loin des 48 heures réglementaires, a rappelé à l’AFP le président de l’Isni, Justin Breysse.

Il prédit un impact du mouvement "particulièrement important sur la permanence des soins", les internes grévistes ne pouvant être assignés qu’après l’ensemble des médecins séniors. Mais "si nos revendications sont entendues, on pourra retirer l’appel à la grève", a assuré M. Breysse.

Plusieurs milliers de médecins et soignants ont manifesté jeudi partout en France pour "sauver l’hôpital public", lors d’une grève suivie par un quart des médecins hospitaliers et plus d’un paramédical sur dix.

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Le président Emmanuel Macron a promis en réponse qu’un plan "conséquent" et des "décisions fortes" seraient présentés mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 18/11/2019

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