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"Homophobe" : une commune française suspend son jumelage avec une ville polonaise

La ville polonaise de Tuchów s'était déclarée "libérée de l’idéologie LGBT+".

La décision a été prise à l’unanimité par le conseil municipal : Saint-Jean-de-Braye, commune du Loiret, suspend ses relations avec la ville polonaise de Tuchów en raison de son positionnement homophobe. Les deux communes étaient jumelées depuis 1980. "Il est des choses qui méritent rappel et positionnement clair", a expliqué la maire de la ville française, Vanessa Slimani.

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Pour comprendre cette décision, il faut revenir à mai 2019, lorsque la municipalité de Tuchów, tout comme près d’une centaine d'autres villes polonaises, s’était tout bonnement et simplement déclarée "libérée de l’idéologie LGBT+".

Une décision prise "pour le bien de la vie, de la famille et de la liberté et en accord avec [sa] longue tradition de la vie sociale", avait-elle expliqué, parlant même d'"homopropagande", avant de préciser qu’elle allait "tout faire pour refuser l’accès aux écoles à tous les dépravateurs intéressés par la sexualisation précoce des enfants polonais en vertu de soi-disant standards de l’Organisation mondiale de la santé"

Une "démarche homophobe"

Dans un communiqué, les membres du conseil municipal de Saint-Jean-de-Braye fustigent une "démarche homophobe". Et les élus municipaux de poursuivre :

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"La France s’est engagée en faveur de la lutte contre les violations des droits de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle.

Élus de Saint-Jean-de-Braye, nous réaffirmons que les droits de l’Homme doivent s’appliquer sans discrimination à chaque être humain, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre."

Ils demandent ensuite aux membres du conseil municipal de Tuchów "des explications sur les raisons qui les ont conduits à adopter une résolution contraire aux droits de l’Homme et de révoquer la résolution qu’ils ont votée".  Puis ils concluent qu’en attendant leur réponse, ils "suspend[ent leurs] relations officielles avec la ville de Tuchów".

"Nous ne sommes pas des homophobes", plaide la maire polonaise

À l’AFP, l’édile du Loiret a déclaré :

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"On veut aussi rappeler que dans le Loiret, il y avait des camps d’internement d’homosexuels et de Tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Le camp de Jargeau était à une dizaine de kilomètres de Saint-Jean-de-Braye. Il faut que l’on soit vigilants."

La maire de Tuchów, Magdalena Marszałek, a réagi, se disant "surprise". Dans un communiqué, elle a rappelé son attachement à "l’autonomie gouvernementale" et précisé que cette résolution émanait du parti conservateur PiS. "J’avais une opinion différente", a-t-elle poursuivi, ajoutant : "L’adoption de la résolution n’était pas une initiative des habitants. Nous ne sommes pas des homophobes."

Enfin, l’édile polonaise a également sous-entendu que la décision de son homologue française était très probablement liée à l’approche des élections municipales dans l’Hexagone, arrivant pas moins de neuf mois après le vote de la résolution polonaise.

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Par Astrid Van Laer, publié le 20/02/2020