GPA dans "Plus belle la vie" : le CSA saisi par des collectifs féministes

"Plus belle la vie oui... mais sans GPA".

Cette fois-ci, ça ne passe pas. Depuis quelques jours, la série phare de la chaîne publique France 3 fait polémique. En cause, un épisode consacré à la GPA (gestation pour autrui), où le personnage de Céline, interprété par Rebecca Hampton, fait appel à une mère porteuse au Royaume-Uni et à un donneur de sperme anonyme. Suite à la diffusion du feuilleton le 23 juillet dernier, le collectif féministe CoRP ainsi que d’autres associations telles que Osez le féminisme ont dénoncé ce qui serait une "banalisation de la GPA" et ont choisi de saisir le CSA, rapporte Le Figaro. 

Un "geste d’amour et de partage"

Dans l’épisode incriminé, le personnage de Céline qui s’apprête à faire appel à une mère porteuse discute régulièrement avec ses amis afin de peser le pour et le contre de sa décision. L’un de ses amis lui fait part de ses doutes et rappelle que la GPA est interdite en France. Mais c’est le personnage de Lucie, jeune médecin, qui présente la pratique comme "un geste d’amour et de partage" et vante les mérites d’un système britannique qui éviterait "la marchandisation des corps".  Le dialogue n’est pas passé inaperçu et a motivé la décision du collectif CoRP de déposer un recours à l’instance audiovisuelle. Il déplore en particulier l’utilisation du "recours à une jeune femme médecin, comme caution médicale pour rendre la pratique socialement acceptable". En effet, pour le collectif féministe, un tel discours masque "la situation réelle de la GPA dans le monde : un système d’exploitation des plus pauvres au profit des plus riches par le biais du tourisme procréatif" et ajoute que "les personnes qui glorifient la générosité des mères porteuses [geste d’amour et de partage] sont toujours dans une situation qui les met à l’abri de devenir un jour mère porteuse."

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Un "trafic de femme et d’enfant" légitimé sur la télévision publique

Le personnage de Céline a donc prévu de faire appel à une mère-porteuse étrangère (puisque la pratique est formellement interdite en France) qui mettra au monde l’enfant à Marseille, afin qu’il puisse être déclaré comme le sien. Cette intrigue légitime en réalité, selon le collectif, le "trafic de femmes et d’enfant" puisque "la mère porteuse sera donc 'importée' pour réaliser cette opération frauduleuse". La protagoniste, jouée par Rebecca Hampton, se rend coupable, toujours selon le recours rédigé par le CoRP, "d’une action interdite par la loi […] un signe fort donné au public de passer outre à la réglementation nationale pour se diriger vers la GPA transfrontière en toute impunité." 

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Un feuilleton régulièrement épinglé

Dans son recours, le CoRP a demandé à la production de “rappeler, de façon explicite, l’interdiction de la GPA et d’évoquer clairement les conclusions de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies”, car ce n’est pas la première fois que la série fait polémique. Le CSA a plusieurs fois été saisi concernant des aspects de la série. Bien que saluée pour ses efforts de représentation sociale, la série française aborde également des sujets sensibles qui ne font pas toujours l’unanimité et n’hésite pas à mettre en images la violence ou la consommation de drogue par certains personnages par exemple. 

Rokia DOSSO

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Par Konbini News, publié le 06/08/2019

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