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Le gouvernement envisage de retirer leurs allocations aux parents d'élèves violents

Ballon d'essai ou effet d'annonce ?

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Jean-Michel Blanquer aura-t-il fini par entendre l'appel du député Les Républicains Éric Ciotti ? On peut légitimement se poser la question à entendre les premières réflexions du groupe de travail qu'il a mandaté pour lutter contre les violences scolaires.

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Selon Le Parisien, ce dernier réfléchit actuellement à sanctionner les parents d'élèves violents, en taillant dans leurs allocations familiales. Cette idée un poil réac fait partie d'un lot de mesures qui doivent être présentées à Jean-Michel Blanquer la semaine prochaine. 

Mandaté après l'agression d'une enseignante par un élève en octobre dernier, avec une arme factice à Créteil, ce groupe de travail devait rendre ses conclusions en fin d'année dernière – un agenda qui a été contrarié par le mouvement des gilets jaunes. 

Comment procéderait-on dans la pratique ? Selon un "familier du dossier" interrogé par Le Parisien,  le système ne serait pas complètement bête et méchant. Comprenez qu'il y aurait "plusieurs avertissements" avant que les parents ne voient leurs allocations suspendues.

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Une mesure inégalitaire

La tâche de faire remonter les dossiers à la Caisse d'allocations familiales (CAF) incomberait aux établissement scolaires, et "la sanction serait équivalente au montant des dommages en cas de dégradations matérielles", précise le quotidien national. 

Une telle mesure n'est pas sans rappeler la loi Ciotti. Pour rappel, elle consistait à sanctionner les parents des élèves au trop fort taux d'absentéisme. Inspiré d'une vieille ordonnance de 1959, elle avait finalement était abrogée sous la présidence de François Hollande. Le député LR des Alpes-Maritimes avait saisi l'occasion de l'agression de la malheureuse enseignante de Créteil pour appeler de ses vœux le rétablissement d'une loi similaire : 

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Comme n'ont pas manqué de le souligner les nombreuses voix qui s'opposent à cette mesure qui n'a rien de nouveau, cela créerait un système inégalitaire à bien des niveaux. Par exemple, cette mesure ne s'appliquerait pas aux couples qui n'ont qu'un seul enfant à charge et qui ne bénéficient pas d'allocations familiales. De même les foyers aux revenus élevés seraient exclus du dispositif. 

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Alors ballon d'essai ou effet d'annonce ? On devrait le savoir dans les semaines qui viennent. 

Par Clothilde Bru, publié le 10/01/2019

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