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Gilets jaunes : une majorité de Français serait pour la fin de la mobilisation

La tendance serait-elle en train de s'inverser ?

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Alors que les gilets jaunes se préparent à un acte XIV ce samedi 16 février, le soutien des Français à leur encontre semble s’étioler, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi 13 février.

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Pour la première fois depuis trois mois, une majorité (à hauteur de 56 %) de Français estime que la mobilisation devrait s’arrêter. Mais paradoxalement l’approbation de la population pour les gilets jaunes reste majoritaire à 58 %. Pour rappel, ce chiffre dépassait les 80 % en novembre dernier.

Cette baisse de soutien serait-elle de nature à entamer le moral des troupes ? Certainement pas, si on en croit plusieurs gilets jaunes contactés par Konbini news.

"Je ne fais pas partie des gens qui veulent arrêter", tranche Virginie, 35 ans, qui réside en Seine-et-Marne. "Pourquoi arrêter maintenant, après toutes ces semaines ? Le gouvernement ne lâche rien, donc nous, on ne lâchera pas non plus", ajoute la mère de famille proche d’Éric Drouet, l’un des visages les plus célèbres du mouvement.

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Elle comprend toutefois que puisse apparaître une forme de lassitude : "Les gens sont fatigués, ils en ont marre, c’est logique." Il faut bien reconnaître que 13 samedis de mobilisation, c’est énorme pour ce mouvement social né en novembre dernier de la hausse des prix de l’essence.

Même son de cloche du côté de Julie, 34 ans. "Je peux comprendre que certaines personnes soient gênées dans leur quotidien", confesse la gilet jaune qui habite l’Essonne. Toutefois cela ne change rien à ses plans pour samedi. Elle sera à Paris pour l’acte XIV.

Certains gilets jaunes dénoncent une manipulation

Et si les Français étaient de plus en plus nombreux à vouloir que le mouvement prenne fin ? "S’il y a vraiment une très grande majorité de Français qui partagent ce sentiment, il faudra penser à d’autres actions, mais on ne va pas lâcher", conclut la jeune femme.

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Enfin certains gilets jaunes dénoncent une manipulation. Le sondage a en effet été commandé par BFMTV, une chaîne d’informations qui est la cible récurrente du mouvement.

Quelques heures après sa publication, Maxime Nicolle, aka Fly Rider, commentait les résultats de l’enquête dans une longue vidéo sur Facebook. "Manipulation", le mot est lâché assez rapidement par le gilet jaune dont les live sont suivis par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Un sentiment partagé par Julie qui s’interroge : "Il y a les Européennes qui arrivent bientôt. C’est peut-être un moyen de faire taire le mouvement avant cette échéance ? On peut se poser la question."

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"Le diable est dans les détails" semble croire Maxime Nicolle, pour qui c’est l’échantillon qui pose problème. Pour réaliser ce sondage, Elabe a interrogé 1 001 personnes par Internet entre les 12 et 13 février 2019. Maxime Nicolle met en cause la taille de cet échantillon, "trop petit" pour être fiable.

Mais la taille de l’échantillon, ça change quoi au juste ? Selon François Kraus, directeur du pôle politique et actualités à l’Ifop, cela affecte la marge d’erreur.

"En fait, plus l’échantillon est faible, plus il y a un risque d’erreur sur le résultat", nous explique-t-il. "À partir de 1 000 personnes, on est sur des taux d’erreur qui varient entre 1,5 et 3 %", ajoute-t-il. La marge d’erreur du sondage commandé par BFMTV est donc faible.

Une chose est sûre, l’acte XIV aura bien lieu. Selon Maxime Nicolle, plusieurs villes envisagent même d’étendre la mobilisation sur deux jours pour fêter les 3 mois d’existence du mouvement. Éric Drouet a d’ailleurs appelé à un dimanche jaune à Paris.

Par Clothilde Bru, publié le 14/02/2019

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