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"Forte probabilité" de nouveaux variants "possiblement plus dangereux", selon l’OMS

Publié le

par Clothilde Bru

© MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

"Le virus continue à courir après nous."

Le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde jeudi 15 juillet contre la "forte probabilité" de l’émergence de nouveaux variants du coronavirus, "possiblement plus dangereux".

"La pandémie est loin d’être finie", notent dans un communiqué ces experts réunis mercredi, qui conseillent le directeur général de l’OMS, précisant : "il y a une forte probabilité de l’émergence et de la diffusion de nouveaux variants inquiétants possiblement plus dangereux et encore plus difficiles à contrôler", que ceux déjà répertoriés par l’agence onusienne.

"Les tendances récentes sont préoccupantes. Dix-huit mois après la déclaration d’une urgence de santé publique internationale, nous continuons à courir après le virus et le virus continue à courir après nous", a souligné le président du comité, le Français Didier Houssin, lors d’un point presse.

Pour l’heure, l’OMS répertorie 4 variants dits inquiétants : Alpha, Bêta, Gamma et Delta.

D’abord identifié en Inde, le variant Delta est en train de se répandre à très grande vitesse à travers le monde, provoquant une forte résurgence de la pandémie. Beaucoup plus contagieux que les autres, il se montre aussi un peu plus résistant aux vaccins même si ceux-ci continuent à bien protéger des cas les plus graves de Covid-19 et des décès.

Inégalité vaccinale

Le professeur Houssin a indiqué que le comité faisait deux recommandations principales : défendre l’accès équitable aux vaccins et ne pas prendre d’initiatives peu justifiées scientifiquement comme une troisième dose de vaccin anti-Covid, proposée notamment par le groupe Pfizer-BioNTech.

Il faut "continuer à défendre inlassablement un accès équitable aux vaccins et une distribution équitable des vaccins dans le monde en encourageant le partage des doses, la production locale, la libération des droits de propriété intellectuelle, les transferts de technologie, la montée en puissance des capacités de production et bien sûr les financements nécessaires pour mettre en œuvre toutes ces activités", a énuméré le professeur Houssin, ancien directeur général de la Santé en France.

Comme l’OMS, les ONG et les pays qui en sont victimes dénoncent depuis des mois l’inégalité vaccinale.

Quand les États-Unis ou l’UE espèrent avoir vacciné la grande majorité de leur population dans les semaines qui viennent, les pays les plus défavorisés arrivent à peine à 1 % de leur population protégée.

Mais Didier Houssin estime aussi qu’il est "essentiel de ne pas se laisser détourner par des initiatives qui pourraient aggraver l’iniquité dans l’accès aux vaccins", en recommandant une "booster dose" ou 3ème dose, "alors qu’aujourd’hui les données scientifiques ne le justifient pas véritablement, si on considère la situation au niveau mondial".

Konbini News avec AFP

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