© BERTRAND GUAY / AFP

Fin des animaux sauvages dans les cirques : une décision qui divise la famille Bouglione

"Anne Hidalgo ferait mieux de s'occuper des SDF et de cette famille qui dort toutes les nuits devant le cirque d'hiver."

Vendredi 15 novembre, le Conseil de Paris a voté la fin des animaux sauvages dans les cirques. En attendant qu’une loi voie le jour, la ville ne délivrera plus d'"autorisations d’utilisation du domaine public" aux cirques ayant recours à des animaux sauvages. Un soutien financier est prévu pour aider les cirques à effectuer leur transition et à présenter de nouvelles formes de spectacles.

André-Joseph Bouglione s’est réjoui de la nouvelle, qui ne devrait pas changer grand-chose pour lui, dans une publication postée sur Facebook. Ce membre de la célèbre famille Bouglione a pour sa part déjà effectué la transition de son cirque.

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En effet, André-Joseph Bouglione, à la tête du cirque Joseph Bouglione, alerte depuis plusieurs années sur les conditions de vie des animaux dans les cirques. Des lions enfermés 24 heures sur 24, une girafe tuée dans un camion qui passait sous un pont, des troupeaux d’éléphants massacrés pour prélever les petits… L’ancien dompteur de tigres avait accordé une interview à Konbini news pour expliquer pourquoi il renonçait à "exploiter des animaux sauvages et domestiques" :

À l’inverse, Francesco Bouglione, à la tête du Cirque d’Hiver, est fermement attaché à cette tradition. Celui-ci a réagi dans Le Parisien à la nouvelle, fustigeant une mesure "pour récupérer quatre à cinq voix écologistes". "Anne Hidalgo ferait mieux de s’occuper des SDF et de cette famille qui dort toutes les nuits devant le cirque d’hiver", a-t-il poursuivi.

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Toutefois, étant propriétaire de l’établissement parisien, son cirque ne dépend des autorisations d’utilisation du domaine public. Il pourra donc encore proposer des numéros avec des animaux sauvages, jusqu’à ce qu’une loi soit éventuellement votée un jour.

"Nous irons chercher la loi d’interdiction des animaux dans les cirques"

C’est l’objectif que souhaite atteindre l’association Paris Animaux Zoopolis, qui lutte depuis 2015 contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques. Celle-ci a réagi en déclarant que le 15 novembre marquerait "une date importante dans l’histoire du mouvement", ajoutant :

"Rappelons que la maire de Paris défendait ardemment la captivité des animaux dans les cirques et que cette avancée n’est pas tombée du ciel ! […] Nous sommes à un tournant."

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Et d’ajouter : "Ensemble, nous irons chercher la loi d’interdiction des animaux dans les cirques en France, comme nous avons décroché cet engagement important de la Mairie de Paris."

En juin dernier, la présidente de l’association, Amandine Sanvisens, avait reçu des menaces de mort juste après avoir rejoint la mission ministérielle sur les animaux dans les cirques. "Tu vas te retrouver handicapée toute ta vie. Une voiture, ça roule très vite", pouvait-on notamment entendre sur des messages vocaux laissés sur le répondeur de la militante et fournis à Konbini news.

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Par Astrid Van Laer, publié le 18/11/2019

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