Gulhumar Haitiwaji

Fille de prisonnière ouïghour, elle supplie Emmanuel Macron de l’aider à faire libérer sa mère

Gulhumar Haitiwaji est sûre que négocier avec le gouvernement chinois permettrait de faire libérer sa mère.

Cela va bientôt faire deux ans qu’elle n’a pas vu sa mère. Alors qu’elle retournait en Chine, son pays d’origine, pour récupérer des papiers, Gulbahar Haitiwaji a été arrêtée pour troubles à l’ordre public. C’était le 29 janvier 2017.

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Depuis, sa fille Gulhumar Haitiwaji soupçonne les autorités chinoises d’avoir fait interner sa mère dans un camp de "déradicalisation". Cette dernière est ouïghour : elle appartient à une minorité parlant le turc et de confession musulmane, dont la population se concentre dans la province du Xinjiang.

Depuis plusieurs années, la Chine est soupçonnée de persécuter cette ethnie. Nous avions reçu Gulhumar Haitiwaji en décembre dernier, alors qu’elle venait de lancer une pétition pour réclamer la libération de sa mère :

"Je pense vraiment que la Chine est en train de nous exterminer."

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Depuis que sa mère est partie, elle collecte les témoignages d’autres personnes internées qui auraient réussi à sortir des camps.

"J’ai une liste de dix personnes libérées des camps/prison avec l’implication d’autres pays et l’efficacité de leur diplomatie. Toutes ces personnes (femmes) étaient exactement dans la même situation que ma mère : citoyennes chinoises, mariées à des citoyens étrangers ou naturalisés étrangers", nous explique-t-elle.

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Pays-Bas, Finlande, Australie, Égypte… dans beaucoup des cas recensés par la jeune femme, des responsables politiques des pays concernés se sont rendus dans la province du Xinjiang pour négocier la libération de leurs ressortissantes. Pour Ghulumar Haitiwaji, c’est la clef de la libération de sa mère.

"Il faut faire le déplacement jusque là-bas"

"Les autorités françaises nous disent qu’elles sont en contact avec Pékin, mais ça ne sert à rien d’être en contact avec Pékin. Le Xinjiang, c’est comme une deuxième Chine : il faut faire le déplacement jusque là-bas," implore la jeune fille.

D’autant plus que les informations qui fuitent sur ces centres sont effrayantes. En août dernier, un comité piloté par l’ONU alertait déjà la communauté internationale sur l’existence de "camps d’internement géants sous le sceau du secret". À l’époque, cela concernait un million de personnes, d’après les estimations de l’organisation internationale.

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"On sait que ces camps que la Chine appelle 'de rééducation' s’apparentent vraiment aux camps de concentration nazis", nous expliquait Gulhumar Haitiwaji. Les personnes incarcérées sont surveillées et entassées dans des conditions inhumaines. On leur fait notamment apprendre le mandarin, des notions de communisme ou encore des chants patriotiques.

"J’insiste sur mon souhait que la France fasse de même et fasse tout son possible pour faire revenir ma mère. Je compte aller voir Emmanuel Macron avec ces informations et ma pétition en main, car pour moi c’est celui qui aura le plus d’autorité sur l’affaire de ma mère", conclut la jeune femme.

Forte de toutes ces histoires de libération, la jeune femme reprend aujourd’hui espoir :"C’est vraiment quelque chose de concret, maintenant j’ai des exemples dans d’autres pays. Il est possible de faire libérer ma mère." Selon les dernières informations de la jeune fille, Gulbahar Haitiwaji est actuellement détenue pour "haute trahison".

Il est toujours possible de la soutenir en signant sa pétition sur Change.org.

Par Clothilde Bru, publié le 16/01/2019

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