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Femmes voilées poignardées près de la tour Eiffel : deux suspectes mises en examen

Publié le

par Clothilde Bru

© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Blessées de plusieurs coups de couteau, les victimes disent avoir été traitées de "sales Arabes".

Deux femmes ont été mises en examen pour "violences volontaires", accompagnées de propos racistes qu’elles contestent, après l’agression au couteau près de la tour Eiffel de deux femmes voilées, qui réclament des poursuites pour "tentative de meurtre", a appris l’AFP jeudi 22 octobre de sources concordantes.

Les deux suspectes ont été mises en examen mercredi soir pour "violences aggravées par la réunion, l’usage d’une arme, l’état d’ivresse et les propos à caractère raciste", a précisé une source judiciaire. L’autrice présumée des coups de couteau a été placée en détention provisoire et son amie laissée libre sous contrôle judiciaire, selon des sources proches du dossier.

L’agression, dimanche sur le Champ-de-Mars, serait liée à la présence de leur chien, jugée menaçante par un groupe de femmes avec leurs enfants. Au cours de l’altercation, la principale suspecte a sorti un couteau et poignardé deux femmes.

L’affaire a été très relayée sur les réseaux sociaux, certains internautes dénonçant un "silence médiatique" sur cette agression "islamophobe", au surlendemain de l’assassinat du professeur Samuel Paty.

"Sales Arabes"

L’avocat des victimes, Me Arié Alimi, a déposé une plainte pour que l’enquête soit requalifiée en "tentative de meurtre à raison de l’appartenance de la victime à une race ou à une religion".

La première victime, âgée de 19 ans, a reçu trois coups d'arme blanche. La seconde, une femme de 40 ans, a été blessée par six coups, dont un lui perforant le poumon, et est toujours hospitalisée.

"Le mobile est à l’évidence raciste"

Les deux femmes disent avoir été traitées de "sales Arabes" par leurs agresseuses, qui leur auraient également dit : "Vous n’êtes pas chez vous ici."

"L’une des femmes faisait également référence au voile que portaient plusieurs femmes de la famille, en parlant de 'ce truc que tu as sur la tête'", poursuit la plainte.

Pour Me Alimi, "le mobile est à l’évidence raciste car elles ont ciblé les femmes voilées et ont tenté de [leur] arracher". "L’intention d'homicide ne fait pas de doute non plus, puisque le premier coup a visé la tête", a-t-il précisé.

"Il est à craindre que ce type d’acte ne se renouvelle compte tenu du climat délétère stigmatisant les musulmans. Il faut que les autorités cessent la chasse aux sorcières et empêchent les terroristes de parvenir à leur objectif principal, c’est-à-dire une stigmatisation des musulmans pouvant aboutir à d’autres radicalisations", a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

"Dans le contexte particulier, il ne faut pas gonfler cette histoire et en revenir aux faits : une altercation qui tourne mal après des invectives", fait valoir Me Bernard Solitude, avocat d’une des suspectes, qui ont nié les propos racistes.

Konbini news avec AFP

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