"Blessé grave" à Tolbiac : une témoin reconnaît avoir menti

À la naissance d’une fake news.

Quelques heures après l’évacuation de la faculté de Tolbiac à Paris vendredi 20 avril, la rumeur enflait. Alors que le gouvernement se targuait d’avoir réussi une évacuation sans heurts, plusieurs témoignages repris notamment par Le Média – la webtélé proche de la France insoumise – ou le site Reporterre, évoquent la chute d’un étudiant qui aurait tenté d’échapper à la police.

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Le garçon serait depuis dans un coma profond, et la tâche de sang qui devait maculer le sol, aurait été effacée.

Deux scénarios sont alors possibles : soit c’est la bavure de l’année, soit c’est une fake news. Dès le vendredi 20 avril, la préfecture de police dément : "Aucun blessé grave qui puisse être en lien avec cette opération d’évacuation n’a été hospitalisé."

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Le lendemain, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris dément avoir pris en charge un blessé grave, suite à l’évacuation de cette faculté parisienne, occupée depuis plusieurs semaines par des étudiant·e·s qui protestaient contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants).

Rien n’y fait. La rumeur enfle sur les réseaux sociaux. Mercredi 25 avril, les démentis commencent à affluer. Le site Reporterre reconnaît que les témoignages qu’il avait recueillis n’étaient pas fiables, et Libération enquête. Une certaine Leïla qui avait témoigné sur Le Média admet alors qu’elle a menti.

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Et au lieu de platement s’excuser et reconnaître son erreur, le cofondateur de la webtélé, Gérard Miller, préfère allumer un contre-feu.

Selon le directeur de l’université, les étudiants ne pourront "probablement" pas reprendre les cours à Tolbiac avant la rentrée de septembre, comme le rapporte le site d’Europe 1.

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Par Clothilde Bru, publié le 25/04/2018

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